Les débuts difficiles du CL-215 première partie.

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Le CL215 et son successeur le CL-415 sont des icônes de l’industrie aérospatiale québécoise qui ont grandement contribué à faire connaître le nom de Canadair partout sur la planète. Mais peu de gens se souviennent des problèmes qu’a connus le CL-215 au cours de sa création.

 

C’est au mois de septembre 1962 que Canadair approche le directeur du service aérien gouvernemental, M. Paul Gagnon, afin de lui présenter un projet d’avion de brousse bimoteur à turbine. M. Gagnon répond à Canadair qu’il n’a pas vraiment besoin d’un appareil de brousse, mais qu’il est à la recherche d’un avion de remplacement pour les Canso. Bien que le gouvernement vient d’en faire l’acquisition et de les modifier pour le combat des feux de forêt, les Canso sont des avions qui datent de la Deuxième Guerre mondiale et M. Gagnon est conscient qui doit déjà songer à leur remplacement.

 

Suite à ces discutions, Canadair proposa en 1963 une première version d’un bombardier à eau qui n’était pas amphibie, le CL-204. Pour lancer le projet, Canadair avait besoin de 30 commandes fermes et il fallait financer le développement, la construction et la certification des deux prototypes. C’est donc M. Gagnon qui se mit à la recherche de financement pour les prototypes; il se chargea aussi de convaincre le gouvernement du Québec de faire l’achat de 20 avions. Par le biais de programmes existants, le gouvernement canadien accepta en 1965 de financer à la hauteur de 50% le coût d’acquisition des appareils ainsi que 50% des coûts de développement.

 

Entre temps, Canadair avait réalisé que si le bombardier à eau n’était pas amphibie il intéresserait bien peu d’acheteurs, alors qu’une version amphibie aurait un potentiel de 130 commandes fermes. Le projet du CL-204 fut donc remplacé par le CL-215 en 1964. Une fois le financement des prototypes réglé, il restait à trouver un ou des clients pour dix exemplaires de plus pour que le programme CL-215 voit le jour. Là encore, ce sont les contacts de Paul Gagnon auprès de la protection civile française qui auront permis de trouver le client pour les dix avions de plus. Cependant, la commande française était conditionnelle à une commande de 7 avions Mystère 20 par le gouvernement canadien.

 

Les tractations menèrent finalement à la conclusion d’une commande ferme de 20 appareils CL-215 de la part du gouvernement du Québec le 19 mai 1966, suivie quelques jours plus tard d’une commande ferme de 10 CL-215 par le gouvernement français. Le CL-215 était lancé.

 

Demain, des erreurs et des économies qui sèment la discorde.

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3 thoughts on “Les débuts difficiles du CL-215 première partie.

  • janvier 4, 2017 at 8:33 am
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    Peu de personnes peuvent savoir l’histoire du développement de cet appareil surtout avec tous ces détails que vous nous servez sur un plateau d’argent. Merci beaucoup de ce partage d’informations. Aéronautiquement vôtre !

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  • janvier 4, 2017 at 7:41 pm
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    À chaque fois qu’on développe un avion comme la CSeries, c’est à dire de À à Z, cela implique des risques financiers importants pour le développeu. Il n’y a pas de recette miracle, ou de succès facile, surtout dans l’aviation commerciale…..la leçon à retenir ici est d’être patient et persévérant.

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