Pourquoi Air Canada tient-elle à la liaison Montréal-Beyrouth ?

Jusqu’à maintenant, le gouvernement canadien a rejeté la demande d’Air Canada d’établir une liaison directe Montréal-Beyrouth au Liban pour des raisons de sécurité alors que pour l’Allemagne, l’Angleterre et la France, cette destination est desservie moyennant certaines mesures de sécurité supplémentaires.

 

Pour Air Canada, la liaison Montréal-Beyrouth est maintenant dans le haut de la liste des priorités et cela s’explique entre autres par l’importante communauté libanaise établie au Canada dont 40% vivent dans la région de Montréal. Cette communauté compte une forte proportion de gens d’affaires qui voyagent en moyenne de deux à trois fois par année vers le Liban, ce qui constitue une base solide à laquelle il faut ajouter les gens qui retournent visiter leur pays d’origine durant l’été. La distance séparant Montréal et Beyrouth n’est que de 4705 miles nautiques, ce qui permettrait à Air Canada d’utiliser n’importe lequel de ses avions gros porteurs et lui donnerait beaucoup de flexibilité.

 

La stratégie d’expansion d’Air Canada consiste à aller chercher des passagers au sud de la frontière pour ensuite les embarquer sur des vols internationaux à partir de l’un de ses trois hubs canadiens, soit Vancouver, Toronto et Montréal. La communauté libanaise nord-américaine compte plus de 2 500 000 membres dont la très grande majorité vit aux États-Unis et il n’y a actuellement aucun vol direct entre le Liban et une ville nord-américaine. L’établissement d’un lien direct Montréal-Beyrouth permettrait donc à Air Canada d’aller chercher des passagers à Détroit, Philadelphie, Boston et Fort Lauderdale.

 

Si à sa première saison estivale cette liaison était quotidienne, son plein potentiel se situe bien au-delà d’un vol quotidien et un deuxième vol pourrait être ajouté assez rapidement. Ce deuxième vol irait chercher une clientèle d’affaires américaines qui en grande partie voyage avec d’autres compagnies aériennes permettant ainsi à Air Canada de rafler à ses compétiteurs une clientèle précieuse. Il faut s’attendre à ce que les compagnies aériennes américaines fassent pression sur leur gouvernement pour lever l’interdiction d’une liaison directe avec le Liban; toutefois, par le temps que cette pression fasse bouger le gouvernement américain, Air Canada aura eu l’avantage de l’exclusivité suffisamment longtemps pour établir une position dominante sur ce marché.

 

Le gouvernement canadien aurait intérêt à ne pas se traîner les pieds un autre dix ans dans ce dossier, sinon les USA pourraient se décider avant ce qui ferait perdre l’avantage de l’exclusivité à Air Canada.

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