Défense aérienne du Canada : Goodbye Uncle Sam ! Hello Airbus !

Alors que la semaine se termine et que l’agitation autour de la transaction de la décennie dans l’industrie aérospatiale se calme, on peut commencer à voir un peu plus clair dans ses effets à long terme. Entre autres, il faudra voir si le fait que le Canada soit maintenant membre du consortium Airbus aura un impact dans le choix des fournisseurs d’aéronefs militaires pour le Canada.

 

Durant les années 50, l’industrie militaire américaine était parvenue à ériger une muraille autour du Canada afin d’en faire sa chasse gardée. Les fabricants européens d’avions militaires se sont butés à ce mur durant des décennies. Ce n’est qu’en décembre 2016 qu’Airbus est parvenue à ouvrir une première brèche quand elle a obtenu le contrat des avions de recherche et sauvetage.

 

L’arrivée d’Airbus à Mirabel implique qu’elle y aura un bureau de vente ainsi qu’un service d’ingénierie. Airbus se rapproche donc encore plus de la grappe aérospatiale québécoise, ce qui lui permettra de multiplier les alliances avec des compagnies d’ici lors des prochains appels d’offres pour des aéronefs militaires, dont celui pour le remplacement des avions de chasse.

 

Du côté de Bombardier on peut se demander si le fait d’être maintenant un partenaire d’Airbus ne favoriserait pas le choix de certains de ses avions pour les missions spécialisées. Le Global, qui connaît déjà un certain succès comme plateforme pour les avions de surveillance aérienne, est un des premiers avions qui pourrait voir s’ouvrir de nouveaux débouchés au sein du consortium Airbus.

 

Le vent de protectionnisme qui souffle aux États-Unis a fait gonfler les droits compensatoires sur le C Series à un niveau ridiculement élevé. La pénalité de 300% aura permis à l’industrie aérospatiale mondiale de comprendre la portée réelle du slogan « America first ». La décision du département du commerce américain laisse peu d’espoir aux entreprises d’ici qui souhaiteraient prendre de l’expansion aux États-Unis. Quelle compagnie étrangère voudra investir pour développer des produits pour Boeing ou Lockheed Martin sachant qu’elle peut voir ses investissements réduits en poussière à la première jérémiade d’un concurrent américain?

 

Les entreprises québécoises et canadiennes qui veulent prospérer dans l’aérospatiale n’ont d’autres choix que de se tourner vers l’Europe. Dans les années à venir, il va y avoir une reconfiguration des réseaux et des partenariats desquels Boeing et les États-Unis seront exclus.

 

Quand viendra le temps pour le Canada d’accorder des contrats militaires, les liens d’affaires les plus solides et les plus rentables pour le Canada seront pris en considération ; il se pourrait alors que le Canada dise  « Goodbye Uncle Sam et Hello Airbus! » pour le choix de ses prochains avions.

30 thoughts on “Défense aérienne du Canada : Goodbye Uncle Sam ! Hello Airbus !

  • octobre 22, 2017 at 8:42
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    Pour le Global, Bombardier a déjà des ententes avec Lockheed Martin ( pour le remplacement des JSTARS) et Saab (le Swordfish et le GlobalEye), pas sur qu’une entente avec Airbus soit possible.

    Concernant le choix du chasseur, je préférerais de loin le Rafale qui est un multi-rôle qu’au Typhoon qui est un intercepteur. À la limite le Gripen NG pourrait très bien faire l’affaire, il est moins cher mais n’a qu’un seul moteur.

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    • octobre 22, 2017 at 8:51
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      Justement Nicholas, quest ce qui empêche Gulstream d’aller pleurnicher à la commission du commerce international a=si jamais elle perd l’appel d’offre de la US Air Force? Voilà le climat d’incertitude qui règne désormais aux USA

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      • octobre 22, 2017 at 9:02
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        Le remplacement des JSTARS est un appel d’offres américain donc nécessairement il faut faire affaire avec un contracteur américain. Boeing et Gulfstream (avec Northrop Grumman) participent également à l’appel d’offres.

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        • octobre 22, 2017 at 12:06
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          Oui mais si BBD est coupable d’être subventionné comment Lockheed Martin pourrait-elle justifier son choix du Global?

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          • octobre 23, 2017 at 12:03
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            Coupable…
            😋

            Subventionner son industrie est quelque chose de normale.
            C est le droit, et surtout le role de tout etat de subventioner les secteurs d activites qu il juge strategique pour le pays avec une vision a long terme.
            Par des prets, par des prises de participations (fond d investissements) et par des reductions de taxes (optimisation fiscale)…

  • octobre 22, 2017 at 9:05
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    Je crois que ça peut prendre +/- 10 ans a développer un avion a partir de zero!
    Donc faudra-t-il acheter des avions usagés et temporaire pour la durée de fabrication d’un nouvel avion Canadien?
    D’où viendront les milliards pour sa conception seulement?
    Dans quelle province seront-ils fabriqués?

    Est-ce rentable d’être différent des autres? Quel pays en achèteraient pour rentabilisé ces milliards?

    CHASSEURS MODERNES ET ACTUELS
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    En savoir plus sur http://www.avionslegendaires.net/encyclopedie/avions-de-chasse/chasseur-moderne-actuel/#o94o8H3p2vwZ33bj.99

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    • octobre 22, 2017 at 3:50
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      C’est plutôt 20 ans et plus avant d’être opérationnel. Et des dizaines de milliards, pour espérer rentabiliser une telle opération il faut ensuite l’exporter et le Canada à peu d’influence à l’international. Même la France et la Suède peinent à exporter leurs chasseurs.

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  • octobre 22, 2017 at 11:02
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    « L’arrivée d’Airbus à Mirabel implique qu’elle y aura un bureau de vente ainsi qu’un service d’ingénierie. » Vraiment ? Ca été mentioner dans les conférences de presse ? Désolé d’etre rabajoie mais je n’en vois aucunement l’automatisme. Ingénierie je peut voir l’utilité d’une équipe réduite. Mais les ventes ? Je ne vois pas pourquoi elles ont besoin d’etre a Mirabel ou meme au Quebec. Je peux me tromper mais je crois que meme Bombardier n’a pas d’équipe de vente a Mirabel.

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    • octobre 22, 2017 at 12:08
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      Le directeur Marketing de BBD avions commerciaux et son équipe sont basé à Mirabel ainsi que toutes l’équipes sous M Cognard pour les ventes.

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  • octobre 22, 2017 at 1:01
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    Quelques questions :
    Quel avionneur fait actuellement la meilleure offre au gouvernement canadiens? Quel avionneur présente les meilleures retombées économiques et par conséquent, le coût net par avion est le moins élevé? Quel avionneur présente les meilleures garanties de fidélité à son partenariat pour les années à venir? Quel avion de chasse répond le mieux aux besoins de l’armée canadienne? Quel choix peut-on faire qui enverrait un message clair et puissant à nos voisins du sud, à savoir qu’il y a de réelles alternatives à leur protectionnisme?

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    • octobre 22, 2017 at 1:30
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      Aujourd’hui, c’est définitivement le Rafale!

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  • octobre 22, 2017 at 7:16
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    Sa va prendre bien du courage au gouvernement pour acheter des Rafales. Je doute fortement que les américains vont accepter des avions militaires européen au sein de l’alliance Norad. Des Rafales pour les patrouilles canadienne au dessus du Canada et sein de l’Otan et des Boeings ou autres de fabriquation américaine pour les patrouiles de Norad. Avec la formation des pilotes sur les deux types d’avions et bien d’autres frais suplémentaires du à l’entretiens de deux modèles radicalement différents. Tout un débât au parlement fédéral. Avec le nationaliste isolationnisme rétrograde du gouvernement américain actuel, je pense bien que les pressions politiques et économiques seront de tout les instants pour que le choix soient des avions militaires fabriquer au USA. Malgré que sa serait peut-être l’idéal les deux types d’avions pour les emplois dans plusieurs provinces. Mais je pense pas que la majoritée des ( canadians) vont vouloir de ce débat a saveur idéologique.

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    • octobre 22, 2017 at 7:53
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      Le temps de construire le cahier de charge, d’aller en appelle d’offre et de d’adjuger le contrat, il y en encore pour un bon 3 à 5 ans. On s’en reparle.

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      • octobre 22, 2017 at 9:08
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        Oui, très exactement. Il y a une marge de temps dans lequel nous pouvons agir; en quelque sorte, être pro-actif, surtout en pleine remise en question de l’ALENA.

        Effectivement, il y a un débat idéologique et politique en filigrane, un débat très « canadien » aussi et qui sert bien les intérêts de Boeing. Toutefois, il reste au bout du compte que ce choix sera un choix d’affaire. Et qui peut être contre un choix d’affaire??? Le gouvernement américain? Le PDG de Boeing?

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      • octobre 22, 2017 at 9:19
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        L’élection présidentielle américaine du 03 novembre 2020 seront déjà passer je pense. Si les démocrates reviennent au pouvoir au USA et que les libéraux sont encore au pouvoir au Canada. Les pressions américaines seront pas de mêmes natures. Pour le Canada sa pourrait-être un peu plus facile pour convaincre les canadian’s de faire un nouveau choix d’avions militaires. Pour les Québécois il sera pas difficile des convaincres. C’est déjà fait a mon avis.

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        • octobre 22, 2017 at 11:02
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          Ce qui se passe avec Bombardier préfigure ce qui se passera pour les autres entreprises canadiennes à la grandeur du pays, d’est en ouest. Tout le monde sera aux prises avec des contraintes à l’exportation, on cherchera à nous imposer des règles unilatérales et discriminatoires. Il y aura du chantage et tout le tra-la-la. Le pays a intérêt à s’unir car on est tous dans le même bain, et pour un bon bout de temps!

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      • octobre 22, 2017 at 10:20
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        En effet, beaucoup d’eau coulera sous les ponts! Changement de gouvernement au Canada, aux USA et tout recommence à zero.

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        • octobre 23, 2017 at 9:39
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          Et si au terme de son mandat actuel, Trump était réélu de nouveau? Ou d’autres Républicains avec la même philosophie de « America first »?
          Aussi, il ne faut pas oublier qu’il est beaucoup plus facile et rapide de détruire des accords que de les mettre en place.

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  • octobre 22, 2017 at 9:42
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    Concernant l’OTAN et le NORAD, ce n’est pas un réel problème. Ces regroupements servent des intérêts communs de défense que les qualités opérationnelles du Rafale ne peuvent compromettre. D’un point de vue strictement militaire, il en va de l’intérêt de tous les membres que le Canada puisse se doter du meilleur appareil disponible.
    De toute façon, tout n’est que question de volonté. Là-dessus, nous sommes en pleine conformité avec le droit international. Aucun pays ne peut dicter à un autre pays ses politiques nationales en matière de défense. Chaque pays est souverain et dispose du droit à l’autodétermination de ses propres politiques de défense nationale. S’il en était autrement, on ne pourrait parler de « souveraineté ». Notre pays est souverain ou il ne l’est pas! Le choix n’appartient qu’à nous.

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    • octobre 22, 2017 at 10:30
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      D’ailleur, le traité de l’Otan a alors été ratifié par les États-Unis, le Canada, la Belgique, le Danemark, la France, les Pays-Bas, l’Islande, l’Italie, le Luxembourg, la Norvège, le Royaume-Uni. Ils ont tous des avions de combats différents, donc les USA n’ont pas d’influence dans ce choix de qui les faits et qui les achètes.

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      • octobre 23, 2017 at 10:26
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        Oui, pour l’OTAN le Canada pourrait imposé sont choix s’il le veut bien politiquement, pour un modèles d’avions militaires européen. Pour NORAD qui est uniquement une alliance USA/Canada depuis 1958, je crois pas que le Canada soit entièrement libre de pouvoir choisir. Les avions et autres équipements de pointes doivent-être produit en amérique du nord paraît-il. Le paraît-il vient de se que je comprend de la logistique militaire d’une alliance de ce type. J’espère que des gens qui connaissent bien cette alliance vont nous faire le loisir de publier des commentaires sur cette page.

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  • octobre 23, 2017 at 12:09
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    Pour ceux que cela intéresse, voici un site officiel du gouvernement du Canada sur la question :
    http://www.forces.gc.ca/fr/faire-affaires-equipement/remplacement-des-cf-18.page
    Aussi, voici deux citations extraites d’un texte officiel du gouvernement en lien avec le NORAD paraissant à l’adresse :
    http://www.forces.gc.ca/fr/nouvelles/article.page?doc=norad/hjiq6lbn
    « Les gouvernements du Canada et des États-Unis continuent d’avoir le dernier mot sur les questions concernant leur propre défense, et ils peuvent y réagir de la manière qui sert le mieux leurs intérêts nationaux respectifs. »
    [En 2006] « Le Canada et les États-Unis ont notamment convenu :
    • de rendre l’accord permanent, sous réserve d’au moins un examen tous les quatre ans ou à la demande de l’une ou l’autre partie, en y intégrant des dispositions permettant le retrait de l’une ou l’autre partie sur préavis d’un an. »
    Même écho dans le Plan ministériel 2017-2018 de la Défense nationale :
    http://www.forces.gc.ca/assets/FORCES_Internet/docs/fr/dp-2017-18_final_french.pdf

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  • octobre 23, 2017 at 5:42
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    Liens très intéressant. Merci …. Les deux gouvernements nommes les officiers du commandement de Norad. Mais le commandant en chef DOIT être américain et le commandant adjoint est canadien. Dû a la tailles des intérêts économiques et militaires et politiques CHEZ-EUX et aussi sur les amériques nord/sud et historiquement dans le monde, c’est qu’on pourrait dire que c’est normal que le commandant en chef soit américain. Tout ça pour dire que l’influence américaine est de loin prépondérante sur le choix qu’aurait le Canada de choisir des avions et autres équipements de pointes non fabriquer en Amérique du Nord. Advenant que le Canada ferait un choix Européen pour ces avions, tout un débât politique và sans suivre. Ont est pas sortie du bois comme on dit en Québécois. Je parle ici que de Norad. Pour l’Otan le Canada est de beaucoup plus libre de ces choix d’achats. C’est ma perception surtout politique de ce choix canadien. Un traité de cet nature et de toutes les obligations qui en découles ne peuvent qu’êtres politiques et idéologiques. Après que les deux pays ce soient mis d’accord pour respecter ces obligations, sa devient une transactions d’affaires.

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  • octobre 23, 2017 at 7:23
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    Airbus a manifesté son intérêt pour offrir le Typhoon dans le cadre d’un appel d’offres équitable. En même temps Airbus détient 10% des actions de Dassault donc ils ne seraient pas complètement perdant si c’était le Rafale… 🙂

    http://affaires.lapresse.ca/economie/canada/201710/23/01-5140970-airbus-compte-proposer-son-typhoon-a-ottawa.php

    Mais j’ai plutôt l’impression que le gouvernement ne lancera pas d’appel d’offres avant que la plainte contre Bombardier et la renégociation de l’ALENA ne soient réglés.

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    • octobre 25, 2017 at 10:38
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      C’est sur que pour les européen, l’un ou l’autre, c’est toujours mieux que le F35…

      Ceci-dit, dans l’immédiat Airbus aurait bien besoin de nouvelles commandes pour ne pas avoir à fermer les lignes d’assemblage (Voir les plans de licenciement sur la branche airbus défense en grande Bretagne et en Allemagne).
      Du coté de Dassault, c’est la situation inverse, leur rafale à le vent dans le dos, et il leur faut arriver à tripler les cadences pour livrer ce qu’ils ont vendus à l’export, et satisfaire la demande de l armée française qui use les cellules en syrie et en irak. Mais ils ne seront pas contre de nouvelles commandes, avec une nouvelle ligne d assemblage. Et le placer au Canada serait pour eux une consécration…

      Donc, admettant qu’ils aient une chance (Car on est en plein dans la zone d’influence des USA), la lutte entre les deux avions européens sera acharnée.
      Car il se joue aussi sur les prochains contras, le futur leadershipp sur la maîtrise d oeuvre du futur chasseur franco allemand.
      Surtout que Dassault semble vouloir profiter de la dynamique pour essayer de la placer en Belgique, Suisse et pourquoi pas pour le remplacement des tornados IDS allemand…

      Affaires à suivre 🙂

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  • octobre 23, 2017 at 9:18
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    Airbus fait bien de demander au Canada de faire un appel d’offres ouvert et transparent; c’est dans l’intérêt des contribuables.
    C’est une histoire à suivre car cet exercice aura un impact important pour nous tous. Je crois qu’on devrait mettre en veilleuse l’idée d’acheter les vieux F-18 de l’Australie, et au moins dire publiquement qu’on envisage de procéder à un appel d’offre en 2018.

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    • octobre 23, 2017 at 9:41
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      Sur son site officiel, le gouvernement canadien parle de faire une demande de soumissions en 2019 :
      « Les travaux de préparation relatifs au processus concurrentiel sont déjà en cours. Au cours des prochains mois, nous mobiliserons les fournisseurs potentiels et entreprendrons la planification pour une demande de soumissions en 2019. »
      http://www.tpsgc-pwgsc.gc.ca/app-acq/amd-dp/air/snac-nfps/CF-18-fra.html
      Cet échéance tient compte du fait d’un remplacement temporaire par des F-18 Australiens. Si on met ce projet sur la glace, on peut faire l’annonce d’un appel d’offres en 2018. Soit, un véritable appel d’offres et pas seulement une « soumission » (y a un beau jeu de mots à faire avec ce terme).

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