Les tenants et aboutissants de l’acquisition de Transat A.T.

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L’acquisition de Transat A.T. avance à grands pas et voici notre analyse des tenants et aboutissants de cette transactions.

Le vote des actionnaires

C’est le 23 août prochain que les actionnaires de Transat A.T. devront se prononcer sur l’offre d’Air Canada. Bien que certains actionnaires importants aient fait valoir leur insatisfaction, tout indique qu’ils devront se mécontenter de cette seule offre. C’est la seule sur la table et elle est sérieuse, la refuser serait un coup de poker risqué.

 

Pour les actionnaires actuels, il sera difficile de trouver un acheteur pour renchérir sur l’offre à 13 $ l’action. Transat A.T. ne génère pas de profit en ce moment et elle débute ses investissements en immobilier. Faudra donc des années pour qu’elle ne génère des profits suffisants pour justifier un achat à plus de 13 $. À moins que l’acquéreur soit une autre compagnie aérienne, une fusion partielle ou totale pourrait alors générer des économies plus rapidement afin de justifier son coût d’acquisition. Mais il faudra que l’actionnaire majoritaire soit canadien, ce qui ne laisse qu’ONEX pour surrenchérir.

 

Donc, un rejet de l’offre d’Air Canada le 23 août prochain laisserait présager qu’il se trame quelque chose en coulisse. De toute manière si ONEX devait renchérir, Air Canada accoterait l’offre.

 

Le Bureau de la concurrence

Le plus grand enjeu d’Air Canada pour faire l’acquisition de Transat A.T., c’est le Bureau de la concurrence; c’est là que tout va se jouer. Si on ne considère que le marché canadien des vols transatlantiques, les deux compagnies regroupées dominent outrageusement. Afin de réussir à convaincre le bureau de la concurrence, Air Canada devra donc montrer patte blanche.

 

Le communiqué de presse annonçant l’entente entre Air Canada et Transat A.T. annonce comment l’acquisition sera présentée au Bureau de la concurrence : « Air Canada a l’intention de préserver les marques Transat et Air Transat ainsi que le siège social de Transat et les fonctions clés de celui-ci ».

 

On ne sait pas encore quelles seront les exigences du Bureau de la concurrence. Mais pour que cette transaction passe, Air Canada devra laisser un maximum d’autonomie à la division Air Transat.

 

Pourquoi cette acquisition

On ne saura sans doute jamais si Air Canada avait eu vent de l’offre de MACH lorsqu’elle a approché Transat A.T. Pas plus que l’on ne saura si elle était au courant des négociations entre WestJet et ONEX. Mais si en affaires « timing is everything » celui de l’offre d’Air Canada sur Transat est exceptionnellement bon.

 

Imaginez, dans un premier temps elle bloque l’acquisition de Transat A.T. par MACH. Au cours des deux ou trois prochaines années, MACH aurait pu vendre 49% d’Air Transat à une compagnie aérienne étrangère. L’autre scénario possible aurait été qu’après WestJet, ONEX fasse l’acquisition de Transat A.T. Sans aucun doute possible, Air Canada vient de réussir un coup de maître.

 

Peu importe le prix à payer, Transat A.T. causera moins d’ennuis à Air Canada que si elle passe dans aux mains d’un concurrent. Le bureau de la concurrence peut fixer ses exigences, Air Canada dira oui à tout.

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