Air Canada et le retour en service du MAX

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Lors de l’appel conférence avec les analystes financiers tenu le 6 mai dernier, le président et chef de la direction d’Air Canada, M. Calin Rovinescu, a apporté quelques explications sur la manière dont la compagnie gère le retrait de ses B737MAX et leur éventuel retour en service.

 

Air Canada a accès à deux simulateurs de MAX au centre de formation de Toronto qui est opéré par CAE. Au moment du retrait du B737MAX, Air Canada comptait environ 400 pilotes formés pour voler sur ce type. La formation sur type d’un pilote est valide pour 12 mois seulement et exige également une brève mise à niveau six mois après la formation annuelle. Tous les pilotes qui étaient sur MAX depuis plus de 12 mois ont donc été maintenus sur ce type et continuent de faire des heures de simulateur. L’entrainement des dernières semaines incluait divers scénarios basés sur les données disponibles suite aux deux accidents impliquant des MAX.

 

Puisqu’Air Canada a des simulateurs à sa disposition, l’obligation pour les pilotes de suivre une formation supplémentaire ne devrait pas lui causer trop de problème. Remarquez qu’Air Canada n’est pas obligée de se limiter à la formation prescrite, rien ne l’empêcherait de mettre au point une formation encore plus poussée pour ses pilotes si elle jugeait insuffisante les recommandations de Transports Canada.

 

Boeing effectue actuellement une tournée d’information auprès des clients du MAX afin d’expliquer dans les moindres détails la marche à suivre pour remettre les appareils en service. Selon ce qu’a déclaré M. Rovinescu, il faudra plusieurs semaines avant que les 24 B737MAX soient remis en service après la levée de l’interdiction de vol. Si l’interdiction de vol est levée avant la fin de l’été, Air Canada devrait être en mesure de recevoir les 12 autres MAX dont la livraison était prévue en 2019 avant la fin de l’année.

 

Si tous les pays venaient à s’entendre sur le retour en service du MAX et sur la formation devant être dispensée aux pilotes, Air Canada bénéficiera d’un avantage puisqu’elle a accès à deux simulateurs et qu’une partie de ses pilotes s’y entrainent déjà en ce moment. La question est de savoir si elle voudra être la première à remettre le MAX en service et d’avoir toutel’attention qui vient avec.

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23 thoughts on “Air Canada et le retour en service du MAX

    • mai 14, 2019 at 10:15 pm
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      LADQ: « La question est de savoir si elle voudra être la première à remettre le MAX en service et d’avoir toute l’attention qui vient avec. »

      C’est un très bon point. Je n’avais pas songé à cette possibilité car de toute manière j’ai toujours pensé qu’il serait préférable que le retour en service du Max s’effectue de façon coordonnée et d’un commun accord. Ce serait une erreur si par exemple la FAA et Transport Canada autorisaient le Max à voler sans avoir au préalable obtenu l’accord des autres agences.

      Comme tu dis André, toute l’attention se porterait alors sur Air Canada, et par le fait même toute autre compagnie canadienne ou américaine.

      Cependant, s’il n’y a aucun doute dans mons esprit que Air Canada comprend bien cette réalité je ne suis pas convaincu que Boeing et son partenaire d’affaires, la FAA, de même que les compagnies américaines, saisissent bien toutes les nuances de cet enjeu. Ils me paraissent en effet trop confiants, pour ne pas dire inconscients. C’est comme si les Américains étaient dans le déni, eux qui sont habitués à dominer leurs adversaires.

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  • mai 15, 2019 at 12:24 am
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    lI serait indécent pour Air Canada de revenir avant Lion Air puisque la «pleine» sécurité chez Boeing était une option pour les transporteurs les plus riches seulement.

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  • mai 15, 2019 at 7:27 am
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    Avec une bonne formation des pilotes il ne devrait pas avoir de problème.

    En revanche je peux vous garantir qu’aucun avion n’est immune à une mauvaise réponse à une panne, même pas le C Séries.

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    • mai 15, 2019 at 2:55 pm
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      J’en ai mare de cet argument de la mauvaise formation et de la mauvaise réaction des pilotes des deux compagnies en cause. Avant les deux écrasement, Boeing trouvait que la formation des pilotes était suffisante pour vendre des avions et encaisser les cheques de ces deux compagnies. Si Boeing avait des doutes avant, alors pourquoi a-t-elle livrée des avions à des compagnies en sachant que la sécurité des passagers était en cause?

      Avant les deux écrasements, personne ne remettait en cause la formation et l’expérience des pilotes de ses deux compagnies. De plus il n’existe aucune statistique en ce moment démontrant que la formation des équipages est moins bonne qu’avant. Au contraire tout indique que la formation des pilotes est bien meilleur aujourd’hui, il y a certainement place à l’amélioration, mais il me semble évident que dans les deux accidents impliquants les MAX, les pilotes ne disposaient pas de toutes l’informations à cause des cachoteries de Boeing.

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      • mai 16, 2019 at 1:58 am
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        Les pilotes des deux accidents disposaient de la procédure de runaway trim et les roues de trim tournaient certainement de façon assez évidente.

        Il me semble clair qu’ils n’ont pas appliqué la procédure correctement.

        Je ne dis pas que le MCAS ‘a pas joué un rôle, mais à mon avis la réaction des pilotes n’a pas été appropriée à la situation qui s’est présentée.

        Il ne faut jamais oublier qu’aucun avion n’est immune à une réponse inappropriée à une situation inhabituelle. Il y aura d’autres accidents et une bonne partie sera à cause de mauvaise réaction des pilotes suite à une panne. Je n’en ai aucun doute là dessus.

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  • mai 15, 2019 at 2:30 pm
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    La remise en service sera très problématique. Vont-ils autoriser par région ou at large. Si la remise en service se fait qu’en Amérique du Nord pour commencer (certaines agences ne voudront pas prendre le risque), les passagers de cette région seront considérés comme des beta testeurs où leurs vies seraient considérées en danger avant les autres … qui va prendre le risque chez les passagers ???

    Air Canada remplace ses AIRBUS pour des MAX et donc les pilotes ont reçu la formation complète. Donc ils seront probablement sollicité prioritairement par Bowing pour ouvrir le chemin pour les autres si la remise en service est partiel. Je ne sais pas si Trudeau est capable de considérer le risque si ça se passait mal à quelques mois des élections.

    Que va-t-il se passer si des problèmes relier au MCAS ressurgit ???

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    • mai 15, 2019 at 5:58 pm
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      Ce serait évidemment très tentant pour Air Canada de faire voler ses 737 Max le plus rapidement possible car elle est la seule compagnie en Amérique du Nord qui a des simulateurs dédiés au Max. Cependant comme Alain nous l’a fait remarqué tous les yeux seraient tournés vers AC et cela ne serait pas très bon pour son image car elle aurait l’air de privilégier le profit avant la sécurité, même si ce n’est pas vraiment le cas car en fait ses pilotes seraient mieux entraînés que les autres. C’est surtout une question de perception de la part du public.

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      • mai 15, 2019 at 6:04 pm
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        La perception du publique doit effectivement faire partie de la gestion du risque dans le cas du retour en service du MAX.

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        • mai 15, 2019 at 10:11 pm
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          Je viens de me rendre compte que j’ai écrit Alain plutôt que André. Je ne sais pas si c’est mon correcteur ou une erreur d’aiguillage dans mon cerveau mais quoiqu’il en soit je t’offre mes excuses. 🤭

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          • mai 16, 2019 at 9:04 am
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            Un MCAS dans le cerveau ??? 🤭

      • mai 15, 2019 at 6:37 pm
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        Je ne sais pas ce que ça prendra pour que Bowing et la FAA convainc toutes les agences pour une date de remise en service partout à travers le monde en même temps. Il y aura beaucoup de tordage de bras et même des menaces si ça arrive. Je suis pas mal sûr qu’il y a des agences qui veulent une re-certification complète de l’avion. Ils ne veulent surtout pas prendre de risque jugés inutiles. Bowing n’a plus de crédibilité de toute façon ainsi que la FAA.

        PS: Bowing a annoncé ZÉRO VENTE D’AVION TOUTE CATÉGORIE pour le mois d’avril. Ça veut dire quelque chose ça.

        https://edition.cnn.com/2019/05/14/business/boeing-orders/

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  • mai 16, 2019 at 12:45 am
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    Boeing et certains de ses défenseurs disent qu’il y a eu des erreurs des pilotes. Et bien, comme les pilotes américains sont les meilleurs au monde, il me semble normale que ce soit les transporteurs américains qui fassent les premiers vols avec des pilotes et passagers américains. Southwest, American et United donneront l’exemple. Les pilotes de Southwest et American ont vertement critiqué le comportement de Boeing et certains ont perdu confiance en Boeing et par ricochet aux 737MAX. La thèse de l’erreur de pilotage poussera les transporteurs vers des avions modernes comme le A220 et A320 qui ont le fly by wire qui facilite le pilotage.

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    • mai 16, 2019 at 8:14 am
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      Bowing est États-Uniens. Donc ils devraient tester leurs cochonneries avec leurs propres populations. Mais les États-Uniens ne se laisseront pas faire. C’est pour ça que je pense que ce seront les idiots au nord qui serviront de cobaye. Peut-être avec SouthWest avec une poignée d’appareils.

      Le MCAS est une vraie cochonnerie. Une ou deux soi-disant erreurs des pilotes ne devrait pas faire crasher un avion sauf peut-être en période critique comme le décollage ou l’atterrissage.

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    • mai 16, 2019 at 9:47 am
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      Claude Boulay: « La thèse de l’erreur de pilotage poussera les transporteurs vers des avions modernes comme le A220 et A320 qui ont le fly by wire qui facilite le pilotage. »

      En fait Boeing et ses supporters se sont tiré dans le pied en voulant faire porter le blâme par les pilotes. Car le 737 Max, comme autrefois le 727, sera dorénavant considéré comme un avion nécessitant un talent hors du commun pour pouvoir le piloter de façon sécuritaire.

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