Le point sur l’acquisition du CRJ par MHI

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Depuis le 25 juin dernier, aucune information n’a été publiée sur la transition entre Bombardier et Mitsubishi Heavy Industries (MHI)

 

Rappel

Avant le début des négociations avec Bombardier à propos du CRJ, MHI n’avait aucune présence au Québec. Le 5 juin les deux entreprises ont confirmé être en discussion à propos du CRJ. À ce moment-là, MHI n’avait encore jamais rencontré de représentants du gouvernement à Québec non plus.

 

La première rencontre entre le ministre québécois M. Pierre Fitzgibbon et MHI a eu lieu à la mi-juin au Bourget. Les événements se sont précipité par la suite : quelques jours après le salon aéronautique du Bourget, Bombardier et MHI concluaient une entente définitive à propos du CRJ. Le communiqué de presse de Bombardier à ce sujet précisait ce qui suit : « En vertu de cette entente, MHI fera l’acquisition des activités de maintenance, de soutien, de remise à niveau, de marketing et de vente relatives aux avions CRJ Series, y compris les activités du réseau de service et de soutien situées à Montréal, Québec à Toronto, Ontario, à Bridgeport, Virginie-Occidentale et à Tucson, Arizona, ainsi que les certificats de type. »

 

Puis au mois de septembre c’est la division Mitsubishi Aircraft Corporation (MITAC) qui annonçait l’ouverture d’un bureau d’ingénierie à Montréal. Une centaine de personnes seront engagées afin de soutenir la certification du SpaceJet. Il est important de préciser que MITAC est en charge du SpaceJet et ne s’occupe pas du CRJ.

 

Les progrès

Au cours des derniers mois, MHI s’est attelée à la tâche de faire signer des contrats d’embauche du personnel travaillant sur le CRJ. Comme le mentionnait le communiqué de presse du 25 juin, il s’agit principalement des membres de la direction, du marketing et des ventes, de l’ingénierie, des activités de soutien après ventes, de mise à niveau, ainsi que du soutien administratif.

 

Dernièrement, plusieurs employés de Bombardier travaillant sur le CRJ nous ont confirmé avoir signé un contrat avec MHI. Dans l’ensemble, la réponse des employés de Bombardier a été très favorable à MHI. Plusieurs disent croire au potentiel du marché des avions régionaux et espèrent contribuer aux succès du SpaceJet. Si l’on exclue les 400 personnes directement affectées à la production, l’équipe du CRJ sera presque intacte. Sur les 1 700 personnes travaillant sur le CRJ, environ 1 200 se retrouveront à l’emploi de MHI. Dans la région de Montréal, il devrait y avoir près de 700 personnes qui vont demeurer sur le programme CRJ.

 

MHI est dans l’obligation de libérer rapidement les espaces du CRJ à Mirabel pour faire de la place à Airbus et l’A220. Elle a loué des bureaux dans un édifice appartenant à Syscomax sur le boulevard Henri-Fabre à Mirabel. À court terme, les employés du CRJ seront dispersés dans plusieurs bureaux de la région de Montréal. MHI souhaite les regrouper au même endroit par la suite. En moins d’un an, les effectifs de MHI au Québec seront passés de zéro à près de 800

 

Le futur

Mitsubishi possède maintenant deux unités d’affaires séparées qui sont toutes les deux capables de gérer un programme d’avion. La logique voudrait que certaines fonctions comme les ventes et le marketing soient regroupées. Mais Mitsubishi n’a encore donné aucun signe qu’elle irait dans cette direction.

 

Le SpaceJet est un programme d’avion dont la gestation a été très longue et parsemée d’embûches. Certainement que l’arrivée de plus d’un millier d’employés expérimentés contribuera à compléter le processus. Ce que l’on n’est pas en mesure de déterminer, c’est la volonté et la capacité d’apprendre du géant japonais. Les intentions de MHI quant à l’équipe du CRJ demeurent donc imprécises.

 

C’est au courant du quatrième trimestre de 2020 que le dernier CRJ devrait sortir de l’usine de Mirabel. Pour le moment, les 400 employés de Bombardier affectés à production du CRJ sont dans l’attente. Personne ne sait quel sort Bombardier leur réserve. Théoriquement, les syndiqués comptant suffisamment d’ancienneté devraient pouvoir se replacer dans les autres usines de Bombardier. Mais il faudra sans doute attendre encore quelques mois avant de connaître les plans de Bombardier à leur égard.

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3 réflexions sur “Le point sur l’acquisition du CRJ par MHI

  • janvier 2, 2020 à 6:08 pm
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    « Théoriquement, les syndiqués comptant suffisamment d’ancienneté devraient pouvoir se replacer dans les autres usines de Bombardier. »

    Ce n’est pas théorique, c’est un fait, la liste d’ancienneté des employés de production regroupe les syndiqués de l’usine 1 (St-Laurent), l’usine 3 (Dorval) et Mirabel (CRJ seulement).

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  • janvier 4, 2020 à 10:23 am
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    M. Bellemarre a eu un bon professeur en Louis Chenevert!.. ce redresseur de Compagnie, .sauf que: Il aurait du vendre les CRJ’s et les Q400 bien avant pour pouvoir conserve la CSeries…
    En attendant trop longtemps il a tout perdu ou presque!… 🤐

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  • janvier 4, 2020 à 11:52 am
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    Quand Alain Bellemare est entrer en fonction chez bombardier en février 2015, je crois qu’il était déjà trop tard, le programme C Serie était envoie de désintégration. Sans le milliard de dollar/us du gouvernement Québécois en 2016 et le maigre 372 millions du fédéral en 2017 et la vente du programme C Serie fin 2017 finaliser le 01 juillet 2018, il fort probable qu’on parlerait de bombardier au passé comme avionneur de propriété Québécoise. La responsabilité repose plutôt sur l’ancienne administration qui aurait dû être plus pro-actif je pense bien. Enfin, maintenant c’est le présent et le futur de Bombardier inc à qui il faut s’attarder surement encore des soubresauts mais le pire est passé du moins c’est se dont je perçois en lisant les rapports trimestriels. L’action boursière n’est pas toujours un bon indicateur pour constater une renaissance de l’avionneur Québécois. Faut pas oublier non plus sa division transport.

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