L’évolution de l’intelligence artificielle en aéronautique

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Qu’est-ce que l’intelligence artificielle

Avant de parler d’intelligence artificielle, nous allons en faire une brève définition. À la base, le système intelligent utilise l’algorithme comme les autres systèmes informatiques; le système intelligent se différencie parce qu’il est capable d’apprendre et de modifier lui-même ses algorithmes. Pour réussir son apprentissage et évoluer, le système intelligent a besoin d’une quantité gigantesque de données (big data) qu ‘il peut ensuite analyser.

 

Technologiquement, nous sommes arrivés à un point ou la multiplication des capteurs et senseurs permet d’obtenir des masses de données et de les stocker de manière économique dans l’infonuagique. L’augmentation phénoménale de la capacité de traitement des ordinateurs et la possibilité de les relier pour faire du calcul contribuent au développement de l’intelligence artificielle.

 

Malgré les grands progrès réalisés en intelligence artificielle, les systèmes actuels ne sont toujours pas capables de comprendre l’environnement physique et social dans lequel ils évoluent. L’intelligence artificielle est encore bien loin d’être en mesure de produire des systèmes intelligents capables d’intégrer les considérations éthiques et morales dans ses processus de décision.

 

Les premiers systèmes intelligents déjà présents en aéronautique

L’intelligence artificielle a déjà fait son apparition en aéronautique; Thales a mis au point un système intelligent qui gère la configuration en vol de l’A400M et de l’A350. Elle développe actuellement un système intelligent pour la formation des contrôleurs aériens alors que CAE utilise le système Rise pour la formation des pilotes.

 

Les systèmes actuellement en utilisation ne sont pas critiques, c’est-à-dire qu’une défaillance n’aurait aucun impact sur la sécurité aérienne. D’autres systèmes intelligents non critiques sont appelés à faire leur apparition au cours des prochaines années, par exemple;  un système qui écoute les conversations entre les pilotes et les contrôleurs aériens pourrait s’activer dès qu’il est question de changer le plan de vol afin de contourner un orage. Ce système serait alors en mesure d’offrir aux pilotes plusieurs itinéraires possibles et une fois la solution sélectionnée par le commandant de bord, les modifications seraient apportées automatiquement dans l’ordinateur de gestion du vol.

 

Les paramètres de base pour la certification d’un système critique

Pour qu’un système intelligent autonome capable de gérer les fonctions critiques d’un aéronef soit certifié, son concepteur devra faire la démonstration de sa fiabilité. Dans le cas d’un système qui évolue, cela veut dire qu’il faut être capable d’expliquer de manière limpide son fonctionnement. Il faudra également être en mesure de prédire quelles décisions il prendra et comment sa prise de décision évoluera.

 

Les premiers systèmes critiques

En transport, la plus grande difficulté à laquelle fait face l’intelligence artificielle, c’est de devoir se déplacer dans un environnement où différents types de modes de transport et d’usagers sont présents; camion, autobus, auto, moto, vélo et piéton évoluent tous à des vitesses bien différentes et des trajectoires variables. De plus le comportement d’un individu est appelé à changer selon le mode de transport qu’il utilise. L’implantation d’un système intelligent et autonome se déplaçant en toute sécurité sur les voies publiques est un défi de taille qui prendra encore bien des années.

 

Le projet Nexus qui est dirigé par le fabricant d’hélicoptères Bell vise à développer un véhicule aérien urbain entièrement autonome. Une solution pour simplifier la certification de Nexus serait de créer un espace aérien désigné : cet espace pourrait débuter au niveau du sol jusqu’à une altitude maximum de 1 000 pieds au-dessus du sol, tous les aéronefs qui évolueraient dans cet espace auraient le même système de contrôle et de navigation. Aucun aéronef contrôlé par des humains n’y serait autorisé. Cela permettrait de réduire grandement les comportements aléatoires et imprévisibles.

 

La règlementation

L’absence de règlementation et de normes de certification ne devrait pas poser de problèmes au développement d’un projet comme Nexus; il est possible d’obtenir des autorisations à la pièce comme cela s’est fait pour les premiers drones.

 

Les gouvernements doivent éviter de tomber dans le piège de vouloir règlementer avant que la technologie ne soit au point et commercialisable; au cours des cinq dernières années, plusieurs états américains ont adopté une règlementation pour les voitures autonomes. Dans certains cas, la loi prévoit que c’est la personne assise derrière le volant qui est responsable en cas d’accident. Or plusieurs systèmes sans volant transportant uniquement des passagers passifs ont fait leur apparition depuis rendant donc caduque une partie de la règlementation.

 

Le rôle des législateurs n’est pas de définir quelle sera la bonne technologie, mais bien d’adopter les lois qui les régissent.

 

Conclusion                

Ce n’est qu’une fois qu’un système comme Nexus aura fait ses preuves que l’on pourra songer à avoir des avions sans pilote dans le ciel. Pour ce qui est de savoir quand cela arriveraet il est difficile de le dire; pour le cas spécifique de Nexus, les optimistes avancent 2023 pour l’obtention d’une certification. Mais même si c’est le cas, il faudra compter un autre cinq ans avant qu’un nombre suffisant d’appareils soient produits pour obtenir une véritable flotte de taxi aérien et des données suffisantes. Pour les avions sans pilotes, on peut compter encore une trentaine d’années. D’ici là, la tâche des pilotes devrait être grandement simplifiée par l’ajout de systèmes d’aide à la décision.

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