L’usine de Mobile essentielle à la survie du programme A220

Pour partager cette publication :

Alors que débutent les travaux de construction de la ligne d’assemblage de l’A220 à Mobile en Alabama, plusieurs craignent que cette nouvelle usine nuise à celle de Mirabel et aux emplois qui y sont rattachés ainsi qu’aux fournisseurs d’ici. À notre avis ces craintes sont injustifiées et voici pourquoi.

 

Bien que les commandes d’A220 placées par des compagnies américaines seront assemblées à Mobile, les entreprises d’ici en bénéficieront quand même. Selon les chiffres fournis par Airbus, sur le programme A220 il y a 30 fournisseurs de niveau 1 qui sont installés au Québec représentant plus de 2,6 M$ par avion vendu. Lorsque la ligne d’assemblage de Mobile sera à son plein régime de 4 avions par mois, les fournisseurs de niveau 1 basés ici verront leurs revenus augmenter de 125 M$ par année. Cela s’ajoutera au 260 M$ de la ligne de Mirabel, dont la capacité maximale est de 10 avions  par mois.

 

Citons l’exemple des employés de Pratt & Whitney qui assembleront 28 moteurs PW1524G par mois au lieu de 20 ou encore ceux de Bombardier aérostructures qui fabriqueront 14 postes de pilotage par mois au lieu de 10. C’est tout le réseau de fournisseurs québécois qui profitera de la présence de cette usine en Alabama.

 

L’augmentation de la cadence de production permettra aux fournisseurs de répartir leurs frais fixes sur un plus grand nombre d’unités ce qui compensera en partie pour la réduction du prix de vente à Airbus.

 

Au moment où Airbus et Bombardier ont annoncé leur entente historique, des droits compensatoires de 300% risquaient d’être imposés aux avions que Delta Airlines avait commandés. À cette époque, l’avis de plusieurs était que même si la plainte de Boeing tombait à l’eau, le risque qu’une nouvelle plainte soit déposée aurait pour effet de rendre les compagnies aériennes américaines craintives face à l’achat d’A220.

 

L’usine de Mobile permet donc de lever les doutes sur l’avenir de l’A220, car sans celle-ci, c’est près de 40% du marché qui risquait de lui échapper donnant un avantage quasi insurmontable à son concurrent.

 

Pour terminer, on remarque que le discours a changé chez Airbus, si dans les premiers mois de l’entente le ton était prudent face au potentiel de l’A220, maintenant il est beaucoup plus audacieux et confiant sur les capacités du petit dernier à s’accaparer d’importantes parts de marché.

>>> Suivez-nous sur Facebook et Twitter

22 réflexions sur “L’usine de Mobile essentielle à la survie du programme A220

  • janvier 16, 2019 à 12:26 am
    Permalink

    Très bon article André. De plus tous les A220 assemblés à Mobile passeront par Mirabel. Les tronçons de fuselage qui arrivent à Mirabel sont au nombre de 5 et complètement nu (vert). Ces mêmes morceaux arriveront à Mirabel ou ils seront préassemblés, installation des fils, tubulures, hublots, isolation avant d’être expédié à Mobile. Donc une partie de l’assemblage sera faite à Mirabel même pour les avions dont l’assemblage finale sera à Mobile.

    Répondre
  • janvier 16, 2019 à 7:15 am
    Permalink

    Je ne comprends toujours pas pourquoi c’est essentiel à la survie du programme et probablement je ne le comprendrais jamais.

    Répondre
  • janvier 16, 2019 à 9:26 am
    Permalink

    VV: Disont qu’il y a dû y avoir des discussions particulières avec l’ITC (plainte de dumping) à l’effet que les CS300s ne passeraient peut être pas le test – ie que les CS300 compétitionnent peut être avec les 737-700s ( donc sujet à droits compensatoires?). On connaît les américains; tout les moyens sont bon pour favoriser le « home team ».

    « On jase là » … 😉

    Répondre
    • janvier 16, 2019 à 2:51 pm
      Permalink

      Eric, je ne pense vraiment pas que l’A220 pose quelconque problème pour l’industrie aéronautique américaine. Je pensais même que la plainte était tout simplement un effort pour prévenir une possible protestation contre leur manœuvre de prendre le contrôle de Embraer. Grosso modo c’est une sorte de menace déguisée, » Laisser nous faire ce que nous voulons et on vous laissera tranquilles. »

      Ne me dites pas que le manœuvre de Boeing était une réaction par rapport au rapprochement de Bombardier et d’Airbus. En vérité, j’ai entendu le bruit de la prise de contrôle d’Embraer par Boeing bien avant l’annonce de l’accord entre Airbus et Bombardier.

      Il n’y aura pas d’autre de demande de droit compensatoire de la part des américains. En revanche, je pense que la plainte contre la subvention de l.état à Bombardier lancée par Embraer continuera toujours.

      Les choses ne sont pas toujours aussi évidentes à voir.

      Répondre
    • janvier 16, 2019 à 4:54 pm
      Permalink

      Tout de suite après l’achat du programme, AIRBUS a mentionné la construction d’une usine aux USA. Je me demande si c’était pas avant la plainte de Boeing.

      Répondre
  • janvier 16, 2019 à 10:15 am
    Permalink

    L’usine à Mobile est beaucoup plus politique qu’économique. Cette installation n’a en fait aucun sens si ce n’est de la peur de se faire taxer par les politiciens comme Boeing a essayer de le faire l’an dernier. Assembler 4 avions par mois en mettant les 5 sections ensemble, brancher les fils et la tuyauterie et poser les moteurs c’est pas du gros travail.

    Est-ce qu’il vont les tester là-bas avant livraison ou ils le faire à Mirabel ???

    Répondre
      • janvier 16, 2019 à 4:51 pm
        Permalink

        Ben non! Tout aurait dû être fait à Mirabel.

        Répondre
        • janvier 16, 2019 à 7:14 pm
          Permalink

          Gros Minet…C’est les circonstances et les événements dans lesquelles l’avionneur Québécois à été placer face en particulier au programme c serie qui pour sauver les « meubles’ et les emplois au Québec, a dû aller à Mobile sans oublier vers Airbus aussi. Je reste convaincu que personnes chez Bombardier à planifier de bon coeur l’installation à Mobile et la vente à Airbus. Probable qu’un manque de vision ou autres, peu importe, de l’ancienne administration d’avant février 2015 a pu mener a cette stratégie. Maintenant c’est fait le A220 (ex-c serie) est sauver et aussi les emplois qui y sont lier et bombardier aéro semble renaître avec son plan de redressement 2015/2020. L’avenir de l’aéronautique au Québec c’est sur lequel il faut plancher maintenant. Avenir qui aura un visage mondialisé au pays, va falloir faire avec, pas d’autres choix. Les Québécois et les Canadiens sont plus que réticents a ce que leurs gouvernements investissent dans ce secteur. Du moins c’est de cette manière que j’entrevois se futur au Québec. Le passé c’est pour les livres d’histoires, intéressant sans doute, mais sa sécurise pas des emplois.

          Répondre
    • janvier 17, 2019 à 2:22 am
      Permalink

      Si l’état d’Alabama aide à la construction et au fonctionnement de la ligne là-bas alors elle peut être économiquement intéressante. Ce n’est pas forcément « politique ».

      C’est dommage que l’état de Kansas ne propose pas de l’aide pour agrandir l’installation à Wichita.

      Si le gouvernement canadien ou celui du Québec propose un incitatif intéressant, je suis à peu près sur qu’une expansion de l’usine de Mirabel serait aussi intéressante. De même façon, si le gouvernement mexicain propose d’énormes aide salors il est possible qu’une ligne au Mexique serait envisageable.

      Répondre
      • janvier 17, 2019 à 9:56 am
        Permalink

        Quand-t-as une usine qui peut faire 12 appareils par mois et qui n’en sort que 2 ou 3, tu vas pas en ouvrir une autre à moins que ce soit politique ou en échange d’une commande qui justifierait le move.

        Répondre
        • janvier 17, 2019 à 12:25 pm
          Permalink

          Au moins que l’état de l’Alabama donne de l’argent. Je crois c’est le cas.
          Ou bien peut être Airbus s’était engagé dans le passé auprès de l’état d’Alabama de créer X emplois pendant X années pour l’obtention des aides et que finalement des A320 ne suffisent plus pour maintenir le niveau d’activités promis. Donc le C Series c’est comme un substitue.

          Ou alors c’est juste pour faire peur aux syndicats ???????? Dans ce cas, effectivement on peut considérer ça comme une sorte de politique.

          On peut interpréter le terme politique comme on veut.

          Répondre
          • janvier 17, 2019 à 6:57 pm
            Permalink

            L’Alabama va donner quelque chose comme $40 millions US. L’usine va en coûter 300. Je ne vois pas la logique économique.

          • janvier 18, 2019 à 2:46 pm
            Permalink

            Gros Minet,

            Je crois tu simplifies la situation un peu trop.

            Il faut réexaminer les promesses faites par Airbus à l’état d’Alabama. Par exemple on peut lire les détails de ces promesses dans l’article indiqué par ce lien.
            https://www.al.com/news/index.ssf/2015/09/big_incentives_at_stake_as_air.html

            Un moment donné, il y a aussi un plan pour assembler l’A330 freighter à Mobile. C’était peut être lié à la compétition pour fournir le tanker pour US Air Force.
            http://www.defense-aerospace.com/cgi-bin/client/modele.pl?prod=89906&session=dae.32852193.1200421693.9J3CVX8AAAEAACqb58oAAAAK&modele=release

            La réalité est bien plus complexe car il est bien évident que ce n’est pas forcément très économiquement intéressant d’envoyer des morceaux (gros morceaux) de différentes locations en Europe aux US. Je suis d’accord que certain moteurs sont fabriqués aux US.
            Malgré tout, le transport et le logistique d’envoi de ces sous-ensembles présentent un risque au niveau industriel.

            Il est aussi important de noter que les usines en Europe vont augmenter la capacité de production par l’automatisation. Il est certainement plus facile de tout assembler en Europe et puis d’envoyer l’avion tout fait pour traverser l’Atlantique.

            Il me semble que le C Series peut prendre le relais pour remplir certaines promesses, en plus il est bien plus facile de gérer la logistique de Montréa, Quérétaro. De toute façon les ailes sont déjà obligées de traverser l’Atlantique, que ce soit vers Mirabel ou vers Mobile ne change pas grande chose.

            Oui, je crois on n’arrive toujours pas à saisir l’étendue du dessous de l’histoire. Il faut bien regarder les détails du passé.

    • janvier 18, 2019 à 5:29 pm
      Permalink

      VV…. Dans ton commentaire du 18 janv. 2h46pm…ta phrase « Oui,je crois qu’on arrive toujours pas à saisir l’étendu du dessous de l’histoire. Il faut bien regarder les détails du passé »**. Entièrement d’accord et je reste persuader qu’Airbus a choisi de s’installer administrativement au Québec en plus d’avoir des usines de productions aux Québec-Canada comme au États-Unis. Meilleur stratégie pour concurrencer le géand Boeing en Amérique. Le programme c serie de Bombardier pourrait bien avoir donner à Airbus le coup de pouce que sa prenaît pour accélérer son expansion en terre de fleur de lys et feuille d’érable. En espérant que le milieu des affaires et surtout des différents paliers gouvernementaux vont s’avoir saisir la perche tendue. C’est se que je comprend de la stratégie d’Airbus. Curieux de voir les prochaines ‘manoeuvres » du PDG de Bombardier inc…….

      Répondre
  • janvier 18, 2019 à 7:40 pm
    Permalink

    Merci pour cette article Louis.

    « Le programme A220 a été remis en confiance. Nos fournisseurs industriels ont vu que l’avion avait un avenir et ont investi pour livrer leurs pièces à l’heure et en qualité alors que les compagnies commandent en confiance » glisse un cadre d’Airbus. »

    Je savais que les fournisseurs ne traitait pas Bombardier très bien (et chargait trop chers) mais pas à ce point. 🙁

    Répondre

Laisser un commentaire

Votre adresse courriel ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *