Soutien d’Ottawa, l’industrie doit changer de tactique

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Depuis le début de la pandémie, Ottawa maintient le même discours sur les programmes d’aide aux entreprises. Les nombreuses représentations de l’industrie aéronautique* canadienne n’ont donné aucun résultat jusqu’à maintenant. Ottawa n’a toujours pas mis sur pied une politique de soutien aux compagnies aériennes et aux entreprises aérospatiales. Le silence radio des élus au pouvoir est inquiétant. 

En fait, depuis sa première élection en 2015, le gouvernement Trudeau n’a jamais inclus l’industrie aéronautique dans son discours. Puis jeudi dernier, Ottawa a débloqué 295 M $ pour la construction d’une usine de voitures électriques en Ontario. Pour le gouvernement Trudeau, la voiture électrique c’est l’innovation et le futur. L’annonce d’Ottawa jeudi dernier est une gifle au visage de l’industrie aéronautique canadienne; cette industrie représente le passé aux yeux du premier ministre canadien et de ses élus. 

Dans cette optique, le silence des élus libéraux face aux représentations de l’industrie aéronautique s’explique. Autrement dit, l’industrie perd son temps à essayer de convaincre des élus qui ne veulent rien entendre. 

L’histoire qui se répète

À l’élection du 27 novembre 2000, les Québécois avaient élu 35 députés libéraux, 33 bloquistes et 6 conservateurs. Par la suite, ce sont les débutés du Bloc Québécois qui ont le mieux représenté le Québec à Ottawa. Ce sont eux qui ont mené la charge contre le déséquilibre fiscal qui désavantageait les provinces dont le Québec. Leur travail était exemplaire et ils ont été très efficaces à défendre les intérêts du Québec. À l’élection suivante en 2004, le Bloc remportait 54 des 75 circonscriptions québécoises. 

Lors de l’élection fédérale de l’automne dernier, les Québécois ont élu 35 députés libéraux, 32 bloquistes, 10 conservateurs et un néo-démocrate. Encore une fois, ce sont les députés du Bloc Québécois qui défendent le Québec à Ottawa. Le député de St-Hyacinthe Bagot, M. Simon-Pierre Savard a soulevé l’importance de l’industrie aéronautique pour le Québec. Avez-vous entendu un député libéral à Ottawa en faire autant dernièrement? 

Tout comme en 2000, les députés libéraux du Québec sont incapables de défendre les intérêts du Québec à Ottawa car ils sont beaucoup trop occupés à faire valoir aux Québécois le point de vue d’Ottawa. Face à la mer de députés de la grande région de Toronto, les députés libéraux du Québec ne font pas le poids. Leur pouvoir de représentation est de zéro : 35 députés libéraux du Québec multipliés par zéro égale zéro. Pour le parti libéral du Canada, les députés québécois sont des nullités mathématiques.

La politique pour les nuls

Bien qu’il soit au pouvoir, le gouvernement Trudeau est minoritaire avec 157 députés. Il lui en manque 13 afin de pouvoir être majoritaire. Lors d’un vote de confiance, il doit donc compter sur l’appui d’un des trois partis d’opposition suivants : le Parti conservateur 121 députés, le Bloc Québécois 32 députés et le Nouveau Parti démocratique 24 députés. 

Puisque le gouvernement Trudeau refuse d’entendre l’industrie aéronautique, voici ce qu’il faut faire : mettre un terme à toute représentation auprès des élus libéraux. Se tourner vers les partis d’opposition qui ont un pouvoir d’influence important. Ces derniers peuvent choisir les sujets des commissions parlementaires ainsi que les invités. L’industrie aéronautique doit faire des représentations auprès des élus de l’opposition afin d’être invités sur les commissions qui la touche : budget, économie et innovation. 

Au Québec, il est temps de se tourner vers les députés du Bloc afin de les informer de l’urgence de la situation. Tous les acteurs de l’industrie doivent se mobiliser. Au Canada, AIAC, l’ATAC, Air Canada, Air Transat, De Havilland, Westjet et les autres doivent se tourner vers les partis d’opposition. Le gouvernement qui ne veut rien entendre est minoritaire et il a besoin d’une bonne leçon. 

*Notez qu’afin de simplifier l’écriture du texte le terme industrie aéronautique inclus le transport aérien et les industries aérospatiales. 

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8 réflexions sur “Soutien d’Ottawa, l’industrie doit changer de tactique

  • octobre 10, 2020 à 12:24 pm
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    Excellente initiative de prioriser les partis de l’opposition dans la présente situation. Le Canada a besoin du service aérien. La privatisation d’Air Canada est l’épine dans le pied du transporteur national maintenant que l’aide publique n’est plus de facto. Nous devons en ce sens en appeler de nos élus dans ce dossier. Un pays sans transport aérien n’est plus un pays. L’économie est dépendante du transport aérien a un niveau insoupsonné.

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  • octobre 10, 2020 à 1:53 pm
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    Bombardier devrait demander du financement au fédéral et au gouvernement Ontarien pour le déménagement de l’assemblage du Global dont la production est prévu débuter en 2023. Les deux gouvernements seraient bien mal vu de refuser étant donner avec ce qu’ils viennent d’accord à Ford en Ontario. S’ils accordent de l’aide financière à l’usine de bombardier en Ontario et bien (si) l’avionneur Québécois fait une demande au fédéral avec le gouvernement du Québec, il serait très difficile politiquement de refuser. Sa serait comme donner des arguments aux partis d’oppositions qui manqueront pas de saisir la perche qui leur serait tendu inconsciemment par le Parti libéral du Canada. Faut pas oublier que De Havilland ex-propriété de Bombardier inc devra aussi déménager, reste à savoir s’ils vont demander de l’aide eux aussi aux deux gouvernements. Ce qui est surement pas à exclure. ( Publier le 04 décembre 2019) ….http://lesailesduquebec.com/assemblage-du-global-bombardier-signe-un-bail-a-long-terme/

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  • octobre 10, 2020 à 4:39 pm
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    Dès que les C Series ont été sur le marché, il aurait été très normal que le gouvernement possède un de ces formidable avions pour remplacer le vieux modèle d’avion du P.M. du Canada.
    Une formidable publicité raté par le Gouvernement Canadien de montrer mondialement la confiance en notre industrie d’aviation.

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    • octobre 11, 2020 à 5:49 am
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      Trop petit et pas assez d’autonomie

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  • octobre 10, 2020 à 9:44 pm
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    Le fond de l’histoire est que le Parti Libéral de Justin Trudeau est devenu un Parti Vert, qui n’a que faire de la production d’hydrocarbures et donc de l’industrie de l’aviation qui utilise ceux-ci. Tout comme la Communauté Européenne, le Canada flotte dans un rêve écolo…

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  • octobre 11, 2020 à 11:00 am
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    Belle initiative ! 🏆

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  • octobre 12, 2020 à 9:56 am
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    Un rêve écolo en Ford 250?
    Je ne pige pas le concept… 😋

    Ce n’est pas une question d’orientation politique. Les soutiens à l’industrie sont quelque chose de normalement consensuels après la crise de 2008, où on a vu que seul les pays industriels comme l’Allemagne en sont sortis gagnant.
    On s’est rendu compte que le concept de pays post industriel était une grande erreur. Tout le monde court maintenant après sa re-industrialisation à grand coup de subventions, de baisses de charges…

    Le problème c’est que vous n’avez pas ue la crise de 2008.
    Alors beaucoup de monde ici adhèrent encore à l’idée de la société post industrielle.
    Pour eux, l’état ne doit jamais intervenir, et le pays prospérera par le service et la finance.

    Dans ces conditions il semble évident que l’industrie canadienne a un gros problème de concurrence vis-à-vis d’autres pays.

    Par contre, il ne faut pas opposer écologie et industrie. Cela serait manquer le virage de la nouvelle industrie, qui va forcément bousculer un peux l ancienne et faire émerger de nouveaux pôles industriels.

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