Bombardier et Triumph sur les ailes de la discorde (1ère partie)

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L’annonce que Triumph déposait une poursuite d’environ 350M$ U.S. contre Bombardier a fait les manchettes la semaine dernière. Si on sait que le litige concerne les ailes du Global 7000, les deux parties impliquées n’ont pas fourni d’explication qui aurait permis une meilleure compréhension du différent qui les oppose.

 

Pour mieux comprendre ce qui ne va pas entre Bombardier et Triumph, faisons d’abord le portrait de Triumph Group. Le nom Triumph est apparu en 1990 avec la création d’un conglomérat dont les activités principales étaient dans le domaine de la fabrication aérospatiale; certaines filiales lors de la création du groupe existaient depuis 1956. Durant ses dix premières années d’existence, Triumph a connu une forte croissance grâce à une stratégie d’acquisition très agressive. En 2010 elle fait l’acquisition la plus importante de sa jeune histoire avec l’achat de la compagnie Vought Aircraft ce qui fait presque doubler son chiffre d’affaires.

 

Si Triumph Group avait une expertise dans la fabrication de certaines composantes d’ailes, dont des longerons, c’est Vought qui avait le plus d’expérience dans ce domaine bien qu’elle ne fabriquait et n’assemblait aucune aile d’avions civils en 2010. En mai 2011, Bombardier accorde le contrat de conception et de fabrication des ailes du Global 7000 et du Global 8000 à la filiale Vought de Triumph Group. Dans le communiqué de presse publié par Triumph pour annoncer l’obtention du contrat, le président du groupe à l’époque déclare que : « l’expérience de Triumph en matière de conception et de fabrication d’éléments structuraux pour avion ainsi que sa capacité à fournir des solutions à coût compétitif, ont permis à Triumph Group de remporter le contrat des ailes des Global 7000 et 8000 ». Il faut retenir de cette déclaration que Triumph ne parle pas de sa vaste expérience dans la fabrication d’ailes puisqu’elle n’en a pas, mais qu’elle parle de sa capacité de fournir des solutions à coût réduit.

 

Le dernier évènement important dans l’histoire de Triumph Group est l’acquisition en janvier 2015 d’une division déficitaire du fabricant Spirit AeroSytems. Cette division est responsable de la fabrication des ailes des avions d’affaire G280 et G650 de l’avionneur  américain Gulfstream. Cet achat est bien particulier, puisque cette division de Spirit est très déficitaire et lui a causé de nombreux maux de tête dans le passé, c’est donc Spirit qui verse 150M$ U.S. à Triumph pour que cette dernière la débarrasse de son boulet. La transaction impliquait aussi l’acquisition par Triumph de tous les actifs matériels et immobiliers servant à la fabrication des ailes du G280 et du G650. Bien que déficitaire, cette nouvelle acquisition a tout de même permis à Triumph d’aller se chercher une expertise dans la fabrication d’ailes qu’elle n’avait pas avant. Triumph est maintenant un important manufacturier dans le domaine de l’aérospatiale dont le chiffre d’affaires a atteint 3,88G$ U.S.

 

Dans le prochain texte, on parle des problèmes avec les ailes du Global 7000.

 

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2 thoughts on “Bombardier et Triumph sur les ailes de la discorde (1ère partie)

  • janvier 19, 2017 at 8:18 am
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    c’est pour quand la 2ieme partie ?

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    • janvier 19, 2017 at 8:29 am
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      Le texte est déjà écrit, afin de m’assurer de l’exactitude j’attend des confirmations avant de publier.

      Reply

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