La baisse du prix du carburant durera plusieurs années

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Lorsqu’Air Canada a présenté ses résultats financiers du troisième trimestre de 2018, les profits avaient été affectés par l’augmentation de 40% du prix du Jet A au cours des 12 derniers mois, mais la tendance c’est renversé depuis. Selon l’index du Jet A de l’IATA au 23 novembre dernier, le Baril se vendait en moyenne 79.23 $ US soit à peine 2,8% de plus qu’il y a un an mais en chute de 15,6% par rapport au mois d’octobre.

 

Pour comprendre ce qui ce passe avec le prix du pétrole, il faut d’abord regarder du côté de l’Arabie Saoudite avait augmenté sa production en 2014 afin d’inonder le marché; son but était de faire passer le prix du baril sous le coût de production des puits de pétrole de schiste américain. Si cette stratégie a permis de mettre en faillite un bon nombre de producteurs, ceux qui ont survécu ont été obligés de s’adapter pour survivre. De nouvelles méthodes de production ont été mises au point de sorte que de nos jours, les producteurs de pétrole de schiste peuvent être rentables même si le prix du baril descendait à 30$.

 

Depuis plusieurs années déjà, la capacité limitée de transport des pipelines fait obstacle à l’augmentation de la production de pétrole américain. Pourtant au mois d’août 2018, la production américaine a dépassé les 11 M de barils par jour pour la première fois. Cela s’explique par la mise au point d’un additif qui réduit la friction du pétrole brut dans les conduits, augmentant la capacité de transport des installations existantes. Le prix étant bon, les producteurs ont utilisé les chemins de fer afin d’acheminer plus de pétrole aux raffineries.

 

D’ici la fin de 2019, de nouveaux pipelines serons mis en service aux USA ajoutant une capacité supplémentaire de 2 M de barils par jour. Puis en 2020, de nouvelles infrastructures de transport de pétrole brut fera augmenter la capacité de 1 M de barils par jours. Plusieurs puits de fracturation hydraulique sont déjà percés et n’attendent plus que l’ouverture des nouveaux pipelines afin de débuter la production. Cette augmentation de 3 M de barils par jour étalée sur deux ans équivaut plus ou moins à la production totale des Émirats Arabe Unis à 3,2 M de barils par jour.

 

Lors de leur prochaine réunion au début décembre, les pays membres de l’OPEP devront être prudents avant de décider de réduire leur production, car cela permettrait au pétrole de schiste américain de s’accaparer une plus grande part de marché. Ils ne peuvent non plus augmenter la production qui entraînerait une baisse des prix nuisant à leur propre rentabilité.

 

 

Avec une production de 11,1 M de barils par jour, les États-Unis sont maintenant le deuxième plus gros producteur de pétrole derrière l’Arabie Saoudite à 11,75 M barils par jour, mais devant la Russie qui est à 10,4 M. Ce n’est plus qu’une question de quelque mois avant que les États-Unis ne deviennent le plus gros producteur de pétrole et qu’il soit le joueur le plus déterminant dans le prix de l’or noir. Avec la mise en service des nouveaux pipelines au cours des deux prochaines années, la production américaine de pétrole devrait atteindre un nouveau sommet et pousser les prix encore vers le bas. Le prix le plus bas pour l’essence aux États-Unis devrait survenir en septembre et octobre 2020, juste à temps pour les élections présidentielles. D’ici là, les compagnies aériennes pourront continuer de faire de bons profits.

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4 thoughts on “La baisse du prix du carburant durera plusieurs années

  • novembre 27, 2018 at 4:18 pm
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    Tout celà grâce à Donald Trump, qui a rescindé la réglementation mise en place par Barack Obama, qui lui était obsédé par la lutte au changements climatiques. Pendant ce temps, au Canada, nos projets de pipeline sont bloqués, et le pétrole de l’Ouest doit être vendu à fort escompte sur le marché américain. Quant au Québec, sous l’emprise des verts, l’idée même de la production de pétrole y est presque devenue illégale. Le bon côté de la chose est que notre pétrole québécois ne sera pas vendu à rabais dans un marché défavorable.

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  • novembre 28, 2018 at 7:30 am
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    Je crois aussi que l’Arabie Saoudite essaye de se tenir tranquille suite a l’affaire Khashoggi. C’est quand meme un drole d’addon que les prix ont commencer a baiser quand on commencer a en savoir plus sur ce meutre. Tant mieux si on peu dimunuer notre dependance a ces pays totalitaires que sont l’Arabie Saoudite, UAE le Quatar etc. Avec tout ce qu’a fait l’arabie saoudite dans les derniers mois ; Khashoggi,la guerre et la famine au Yemen l’enlevement et la torture du president libanais la repression contre les desidents dans son propre pays, les droits de l’homme bafouer etc. Et l’occident qui reste la bêtement a rien faire et consider ces pays comme des Alliers…. Ce qui prouve l’adage :with enough money you can get away with murder. Vivement l’electrique au plus vite !

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  • novembre 28, 2018 at 8:53 am
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    Le jet fuel n’est pas taxé (convention de Chicago 1944). Alors une fois les gros Q se vautre.

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