Bombardier ferait un bon partenaire stratégique pour Mitsubishi

Pour partager cette publication :

Le 26 mai dernier, nous avons publié le texte « CSeries, A220 : aile pourrait se retrouver au cœur d’un triangle amoureux »,or cette semaine, un élément nouveau est venu changer la donne et nous avons révisé notre analyse afin d’en tenir compte.

Un nouvel obstacle pour le MRJ

La semaine dernière, Embraer a annoncé la mise en production du premier E2-175 qui est un concurrent direct du MRJ et ce même si pour l’instant il ne rencontre pas la clause de limitation aux État-Unis. Cette décision survient environ sept à huit mois avant que Boeing ne prenne le contrôle du programme E-jet et E2, ce qui implique qu’Embraer a reçu l’autorisation de Boeing avant de mettre l’E2-175 en production.

 

Pour Mitsubishi, cela est le signal évident que Boeing entend rester sur le marché des avions régionaux aux États-Unis et qu’elle devra jouer selon les règles dictées par Boeing. Pour réussir à commercialiser un nouvel avion, les fabricants doivent accepter de vendre en dessous du prix coûtant afin de décrocher les premières commandes. À partir du moment où Boeing produit un avion de la taille du MRJ, il est évident que la compagnie américaine ne se priverait pas de déposer une plainte de dumping contre Mitsubishi si cette dernière vendait ses premiers MRJ aux USA en dessous du prix coûtant.  De plus, dans le secteur aérospatial le pouvoir de négociation face aux fournisseurs de Mitsubishi est très faible comparé à celui de Boeing, cela la place dans une situation où elle pourra difficilement réduire le coût de fabrication du MRJ afin qu’il soit compétitif avec celui de l’E2.

 

C’est sans doute pour tenir compte de ce nouveau contexte que l’hypothèse d’installer une nouvelle ligne d’assemblage en sol américain a été évoquée par certains médias japonais.

 

Ce que Bombardier a à offrir

Pour le moment, c’est Boeing qui est censé assurer le service après-vente du MRJ en territoire américain, mais cette entente date de juin 2011 et les derniers développements pourrait bien inciter Mitsubishi à chercher une autre solution.

 

Le CRJ est un avion bien implanté aux États-Unis et Bombardier a un réseau de support et service après-vente bien établi et la valeur de ce réseau augmente aux yeux de Mitsubishi alors que l’entente avec Boeing devient plus incertaine.

 

Il y a l’usine de Belfast et sa technologie de fabrication d’ailes en composite qui lui est unique. Si Bombardier et Mitsubishi décidaient de créer un consortium où les deux sont partenaires à 50%, le Royaume-Uni serait plus enclin à l’approuver et à Toulouse on aurait de la difficulté à le bloquer.

 

En s’unissant à Bombardier et son expertise, Mitsubishi réduirait le temps et le coût nécessaire afin de produire un MRJ 70 qui rencontrerait la clause américaine de limitation.

 

Réduire la concurrence

Puisque Bombardier est ouvertement à la recherche d’un partenaire pour le CRJ, il n’est donc pas impossible qu’au cours de la prochaine année une entreprise ou encore un gouvernement désireux de développer son industrie aérospatiale fasse une offre à Bombardier. Avec une injection de capitaux suffisante, le CRJ pourrait connaître un deuxième souffle et venir jouer les troubles fêtes. En signant un partenariat avec Bombardier Mitsubishi s’assure que le CRJ ne reviendra pas hanter les ventes du MRJ.

Une fois le partenariat établi entre Bombardier et Mitsubishi, tout devient possible.

>>> Suivez-nous sur Facebook et Twitter

18 réflexions sur “Bombardier ferait un bon partenaire stratégique pour Mitsubishi

  • juin 2, 2019 à 7:24 am
    Permalink

    En passant, le MRJ se nomme dorénavant le « Spacejet ».

    Répondre
    • juin 2, 2019 à 7:42 am
      Permalink

      C’est pas officiel encore, c’est un journal japonais qui a sorti ce nom.

      Répondre
    • juin 2, 2019 à 7:44 am
      Permalink

      C’est pas officiel encore, c’est un journal japonais qui a mentionné ce nom.

      Répondre
    • juin 2, 2019 à 8:16 am
      Permalink

      Moi je n’y vois rien de logique. Mitsubishi sait déjà ce que ce sera le nouveau MRJ70 et si ça se trouve, ils y travaillent déjà depuis un certain temps (petit allongement, reculer la cloison d’étanchéité arrière, rapetisser l’espace cargo arrière, etc), ce qui est probablement puisqu’il semble qu’il sera prêt en 2022. Et Mitsubishi n’a vraiment pas à s’inquiéter de Bombardier dans le secteur des avions régionaux.

      Répondre
      • juin 2, 2019 à 9:12 am
        Permalink

        Ca c’est la réponse typique d’un ingénieur qui s’en tient à sa calculatrice et à ses chiffres. Remarque que c’est très utile un ingénieur et ca permet souvent de régler des problèmes ou encore d’innover).

        Mais depuis quand les décisions d’affaires sont uniquement basées sur la logique et le calcul mathématique? L’une des choses les plus importantes pour réussir en affaires est d’avoir un réseau de contactes, les chambres de commerces et associations sectoriels de partout sur la planète multiplient les activités de réseautage. Il doit bien y avoir une raison.

        Pose toit la question suivante: aujourd’hui le 2 mai 2019, qui de Bombardier, Boeing et Mitsubishi est le mieux placé pour vanter les mérites du « nouveau » MRJ-70 au trois grosses compagnies aériennes américaines (American, Delta et United)?. Si tu crois sincèrement que Boeing est un allié de Mitsubishi, alors là je suis perplexe.

        Répondre
        • juin 2, 2019 à 1:17 pm
          Permalink

          Je crois qu’à ce stade, Mitsubishi peut très bien s’en sortir seul, le pire est déjà fait. Au pire, s’il veulent vraiment un réseau déjà établi, ils n’ont qu’à acheter le CRJ, arrêter la production et ne conserver que le réseau d’entretien et de service après-vente.

          Répondre
          • juin 2, 2019 à 1:37 pm
            Permalink

            Que Mitsubishi achète carrément le CRJ pour légaux de service et mettre un terme à sa production est aussi une possibilité envisageable. Par contre la transaction risque d’être difficile à faire passer au Québec. Mais là on rentre dans le politique et le spectre de la boite de Pandore.

          • juin 2, 2019 à 1:49 pm
            Permalink

            J’ai émis cette hypothèse dans le cas où Mitsubishi aurait un quelconque intérêt pour le CRJ, mais je n’y crois pas du tout pour être honnête.

          • juin 2, 2019 à 3:09 pm
            Permalink

            En tout cas, le CRJ550 va couper sérieusement les ventes du MRJ70 modifié.

          • juin 5, 2019 à 6:13 am
            Permalink

            Oui je viens juste de lire, grosse bombe. Honnêtement, j’aurais préféré me tromper. Pas tellement à cause de Mitsubishi comme de la débandade de Bombardier dans les avions commerciaux.

  • juin 2, 2019 à 10:46 am
    Permalink

    AIRBUS attend de voir ce qui va se passer avec le deal Embras-en-lair et Bowing. Si ça leur pose quelques difficultés dans le bas du marché, très probablement qu’ils seront intéresser à prendre le contrôle du CRJ et l’appeler A100. C’est le scénario le plus probable. Il reste aussi le sort de l’usine de Belfast qui pourrait impliqué AIRBUS également.

    Je ne vois pas tellement Mitsubishi ramasser le CRJ alors qu’ils ont en développement un avion qui va le compétitionner. Mitsubishi ont beaucoup d’argent à perdre et prenne de drôle de décision donc tout est possible avec eux.

    Répondre
      • juin 2, 2019 à 4:32 pm
        Permalink

        À propos des oiseaux qui dézingue les AoA. Je pense que c’est une excuse ridicule vu la probabilité que ce produit. 😛

        Répondre
  • juin 2, 2019 à 11:45 am
    Permalink

    Ce n’est sûrement en utilisant les verbes pourrait, devrait etc….. qui rendra les ailes à Bombardier. Rappelez-vous, il n’y pas si longtemps Airbus et Boeing jouait à kick la cacane (conserve) avec Bombardier. Bombardier avait beau courir dans toutes les directions afin de trouver d’autres copains de jeux en vain.

    Airbus et Boeing ont eu tellement de plaisir que la CSeries a été servi bien froid avec les condiments que personne voulait.

    Maintenant, tu crois que Bombardier aurait l’audace de défier sont sauveur Airbus en s’alliant avec un nouveau joueur qui n’a pas de réseau de service après ventes internationale.

    Il n’y pas si longtemps Bombardier était en faillite technique.

    Note: Arrêtez de propager cette fausse alliance sur les autres forums.

    Répondre
  • juin 2, 2019 à 3:03 pm
    Permalink

    Plusieurs annonces sont prévues au Salon du Bourjet/France qui débute le 17 juin à mentionné Mitsubishi, propos qui à été reporter sur un site Européen. Bombardier à bien dit à plusieurs reprises qu’une décision doit être prise pour assurer le futur du CRJ. À mon avis tout est possible comme transaction. Avec le PDG de Bombardier probablement bien des surprises encore à venir dans le cadre du plan de redressement de 5 ans qui devrait prendre fin en novembre 2020. Mais au rapport du 1er trimestre il a été mentionner que sa và plutôt se prolonger en 2021.🤔🤔

    Répondre
    • juin 2, 2019 à 4:29 pm
      Permalink

      Moi je mets mon argent sur AIRBUS pour la reprise du CRJ avec une subvention évidemment. AIRBUS est en train de s’implanter au Canada et ils ont plusieurs projets au feu. Je ne vois pas personne d’autre, même pas Viking, ou on tire la plogue sur le CRJ. Mon petit doigt me dit que le CRJ va vivre un autre 10 ans avec le CRJ550. BBD ne veut pas le garder aussi longtemps et Mitsubishi ne pourra fermer le programme parce qu’il y aura des gros clients qui veulent garder le programme ouvert. Et avec AIRBUS il y a une très petite possibilité de rebricoler l’avion pour le rendre encore compétitif avec la subvention apporter par le GQ et/ou le GC.

      Répondre

Laisser un commentaire

Votre adresse courriel ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *