Air Canada, Air France, PKP, Westjet et la mouche

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C’est dans une semaine que les actionnaires de Transat voteront sur l’offre d’achat d’Air Canada. S’il n’y a pas de revirement d’ici là, Air Canada prendra le contrôle de Transat A.T.

 

Les nouveaux partenaires

La Presse a publié plus tôt cette semaine que des discussions étaient en cours entre Air-France, Westjet et Pierre-Karl Péladeau. Il est minuit moins une minute pour Atos, Portos et Aramis s’ils veulent acheter Transat. Avant de se lancer dans une surenchère, Ils doivent d’abord déterminer quelle valeur ils lui accordent.

 

Pour un investisseur qui n’est pas dans le transport aérien, 18$ l’action de Transat est un prix élevé. Renchérir à 20$ et plus n’offre que peu de perspective de profits à cours et moyen terme. La démarche de Pierre-Karl Péladeau est personnelle et n’engage pas Québecor. Il peut donc décider d’investir pour le long terme une partie de sa fortune évaluée à 1,7 G$.

 

Westjet est dans la même situation qu’Air Canada, c’est le positionnement de Transat qui lui donne toute sa valeur. Onex, le nouveau propriétaire de Westjet est sans doutes prêt à offrir beaucoup pour Transat, mais combien? Pour Onex, avoir un partenaire Québécois du nom de Péladeau lui éviterait de se faire bloquer par Québec.

 

La liaison Montréal-Paris est l’une des plus rentables pour Air France et elle cherche à renforcer celle-ci. Depuis l’arrivée de Benjamin Smith, un ancien d’Air Canada, à la tête du groupe Air-France-KLM, l’entreprise évalue la possibilité de prendre de l’expansion sur le marché québécois. Mais il y a fort à parier qu’Air-France soit la plus prudente des trois dans son évaluation de la valeur de Transat.

 

Une option de plus

Si l’acquisition de Transat devient trop onéreuse, il est toujours possible pour les trois mousquetaires de lancer une nouvelle compagnie. Évidemment, ce chemin est beaucoup plus long et demande de la patience. Air-France et Westjet devraient alors se demander si elles ont encore besoin d’un partenaire québécois.

 

Si Air Canada va de l’avant avec l’acquisition de Transat, elle devra passer devant le bureau de la concurrence. Il faut s’attendre à ce que ce dernier force Air Canada à se départir de certain créneaux d’atterrissage. Ces créneaux devraient être surtout à Montréal et Toronto. C’est une opportunité qu’Air-France et Westjet devront saisir.

 

Le groupe MACH

Les dernières révélations sur la démarche de Vincent Chiara pour acquérir Transat laissent perplexe. Le président du groupe MACH a spontanément décidé d’approcher la direction de Transat afin d’en faire l’acquisition. À ce moment-là, Transat était déjà en discussion avec Air Canada et l’offre de M. Chiara a été refusée. Malgré la rebuffade, il a persévéré sans toutefois prendre contact avec aucun actionnaire de Transat. Puis Il a déposé une offre formelle qui impliquait une aide de Québec sans avoir contacté qui que ce soit au gouvernement. Lorsqu’ONEX a annoncé qu’elle faisait l’acquisition de Westjet, jamais M. Chiara n’a approché ses dirigeants pour discuter d’une alliance.

 

Vincent Chiara voulait faire l’acquisition de Transat de la même manière qu’un édifice commercial valant quelques dizaines de millions. Il a fait une offre sans avoir d’abord sécurisé son financement et surtout sans consulter personne. Son rôle dans cette histoire ressemble beaucoup à celui de la mouche du coche dans la fable de Lafontaine.

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