B737MAX, le défi herculéen de Boeing en Europe

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Le MAX en Europe

Boeing a engrangé plus de 5 000 commandes fermes pour le Boeing 737MAX; de ce nombre 621 proviennent d’Europe et, à ce jour, 48 appareils ont été livrés. Les deux plus gros opérateurs du MAX en Europe sont les compagnies Norwegian avec 18 appareils suivie de TUI qui en a 14. Les 16 autres B737MAX en Europe sont opérés pas une demi-douzaine de compagnies. Fait à noter, aucun des grands transporteurs traditionnels européens n’a de B737MAX en commande.

 

Le retour en service

C’est L’EASA qui aura le dernier mot sur le retour en service du B737MAX en Europe et, avec seulement 48 appareils cloués au sol dans toute la zone euro, il y a très peu de pression économique à agir promptement. De plus, aucune des grandes compagnies aériennes d’Europe n’est directement touchée par le retrait du MAX.

 

Mais quelque part en vers la fin de l’été ou au début de l’automne, l’EASA levera l’interdiction de vol qui pèse sur le B737MAX et c’est à ce moment que la position de faiblesse du B737MAX en Europe risque de lui jouer un vilain tour. Avant de reprendre les vols, ce sont les compagnies aériennes qui devront sortir publiquement pour affirmer que le B737MAX est sécuritaire. Cette sortie se fera en compagnie des pilotes qui eux aussi feront leur déclaration en faveur du MAX.

 

Le problème pour Boeing, c’est qu’en Europe aucune des grandes compagnies aériennes ne sortira afin de soutenir Boeing et le Max puisqu’elles n’en ont pas dans leur flotte. Air France, British Airways, Iberia, KLM, Lufthansa et SWISS Air sont les marques de compagnies aériennes les plus prestigieuses d’Europe. Réunies ces compagnies seraient en mesure de convaincre les passagers que le B737MAX est sécuritaire. Mais le public européen va plutôt se demander pourquoi ces compagnies aussi prestigieuses n’ont pas commandé de B737MAX alors qu’elles n’hésitent pas à commander les autres modèles fabriqués par Boeing.

 

Le fait que le MAX n’ait été commandé que par des transporteurs à rabais en Europe est son plus gros point faible. Lors du salon aéronautique du Bourget au mois de juin prochain, les dirigeants de Boeing vont se retrouver face à la presse européenne qui n’hésitera pas à lui demander pourquoi les grands transporteurs européens n’ont pas voulu du MAX.

 

L’effet Donald Trump

En seulement deux ans à la Maison Blanche, le président américain Donald Trump a réussi à insulter ou indisposer la plupart des chefs d’États européens. Quand on insulte un chef d’État, c’est tout un peuple que l’on insulte et le public européen en a plus qu’assez des manières de ce président qui ne veut rien entendre de ses alliés traditionnels. Nul besoin d’être Jean Marc Léger pour être en mesure de dire que la cote de popularité des États-Unis en Europe est à son plus bas et que le courant de sympathie envers les entreprises américaines est à son plus bas.

 

Le B737MAX risque donc de devenir le plus important dommage collatéral causé de Donald Trump en Europe et la pire chose que pourrait faire le président américain pour Boeing, ce serait de s’en mêler.

 

Convaincre les passagers européens de lui faire confiance et de monter à bord du B737MAX est un défi de taille herculéen, même pour un géant comme Boeing et c’est loin d’être gagné d’avance.

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12 avis sur “B737MAX, le défi herculéen de Boeing en Europe

  • avril 2, 2019 à 9:47 am
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    Le déficit commercial des USA avec l’UE est très grand. Donc, The Donald va négocier du gaz et pétrole de schiste, des produits agricoles et des MAX contre la suspension de future droits de douane sur les voitures allemandes.

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  • avril 2, 2019 à 10:56 am
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    Je crois que la FAA s’assurera que ce qu’elle accepte sera également accepté par les autres avant de donner le ok final à Boeing.

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    • avril 2, 2019 à 12:03 pm
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      Comme si la compagnie peu se permettre de déclarer publiquement qu’elle ne prendra pas de MAX et négocier le prix avec Airbus seulement. C’est une chose de dire publiquement qu’elle s’intéresse au MAX et cela ne veut pas dire que la compagnie va sortir publiquement pour demander au passagers de faire confiance au MAX alors qu’il y en a pas dans la flotte de Lufthansa.

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      • avril 2, 2019 à 8:54 pm
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        Lufthansa a été le tout premier opérateur au monde du 737 en 1968 et les a gardés dans sa flotte jusqu’en 2016. Il est donc normal qu’elle s’intéresse encore à l’avion aujourd’hui. Mais il se pourrait bien comme tu dis que ce soit uniquement pour les aider à négocier avec Airbus, sinon ils en auraient commandé d’autres en 2016. Ce qu’ils n’ont pas fait.

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        • avril 2, 2019 à 9:21 pm
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          Quand j’ai réalisé que des compagnies comme British Airways, Air France, KLM et Lufthansa n’avaient toujours pas commandé de MAX, alors j’ai commencé à me poser des questions. Je me suis demandé si c’était des intérêts politiques puisqu’à peine 15% des commandes du MAX sont en Europe, mais la récupère est vrai aussi pour l’A320NEO qui a reçu à peine 600 commandes aux USA à la différence qu’American et Delta en ont commandés.

          Alors je continue de me poser des questions.

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  • avril 2, 2019 à 11:20 am
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    Bonjour, très instructif. La question que je me pose : ne serait-ce pas un problème de conception de l’avion,p

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    • avril 2, 2019 à 7:29 pm
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      La conception de la cellule de cet avion vient des années 60-70… Il arrive a un moment que la cellule ne peut supporter des changements majeurs.

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  • avril 3, 2019 à 3:23 pm
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    Puisqu’on est est rendu à Donald Trump… Même si Donald Trump est peu sympathique comme individu, il faut reconnaître que comme politicien, il possède la rare qualité d’essayer de faire ce qu’il avait promis de faire. Presque tous les commentateurs sont surpris que M. Trump s’entête à vouloir respecter ses promesses… En fait, M. Trump est très cohérent. Une surprenante analyse dans le National Post:

    https://nationalpost.com/opinion/lawrence-solomon-trump-isnt-unpredictable-hes-doing-everything-he-said-he-would/wcm/11805306-0839-40a5-bbb7-1e399afa3b56

    D’autre part, même si Hillary Clinton était devenue présidente, les compagnies européennes ne seraient maintenant pas plus enthousiastes envers le 737MAX.

    Ceci s’explique par une dose de compréhensible et naturel biais envers Airbus, et une autre dose des problèmes inhérents au MAX.

    Attendons de voir d’ici quelques années combien de transporteurs, de par le monde, vont réduire ou annuler leurs commandes de 737MAX.

    Attendons aussi de voir combien il y aura de commandes de 320neo vs 737MAX au cours de prochaines années.

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