Le coronavirus et ses effets sur l’aviation

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Depuis deux jours, les annulations de vols en direction de la Chine continentale se multiplient. C’est une décision logique puisque de nombreux passagers annulent leur voyage alors que la contagion du coronavirus s’accélère.

 

Un mois de février difficile

Les annulations de vols ont pratiquement toutes été annoncées jusqu’au 29 février prochain. On s’attend à ce qu’un grand nombre de gros porteurs se retrouvent sans affectation pour cette période. Ce sont donc les compagnies traditionnelles qui risquent le plus de souffrir de ce manque à gagner. Il est toujours possible de redéployer une partie des avions sur d’autres liaisons. Mais la taille de ces avions limite le nombre de routes où ils peuvent être utilisés. Les A380, B777-300 et A350-1000 seront très difficiles à replacer. Heureusement que l’épidémie ne frappe pas durant la haute saison estivale.

 

Pour les routes intérieures à haute densité, il est toujours possible d’utiliser des B787 ou encore des A330. Air Canada le fait surtout depuis la crise du MAX, comme sur la liaison Montréal-Vancouver. Mais ces appareils sont à leur meilleur sur les routes de plus de 5 000 nm. Les déployer sur des routes de moins de 3 000 nm représente une perte de profits. Moins de vol vers l’Asie veut également dire moins de passagers sur les vols courts courriers. Air Canada est le seul transporteur canadien à desservir la Chine et l’Asie sur une base régulière. Le porte étendard canadien a une bonne santé financière, et devrait passer à travers la crise sans trop de difficulté.

 

Air Transat, Sunwing et WestJet ne devrait pas subir d’impact négatif si l’épidémie demeure circonscrite en Asie. Les conséquences du coronavirus sur les compagnies canadiennes devraient être limitées s’il ne s’étend pas en Europe.

Ailleurs dans le monde

Air Asia, Lion Air ainsi que Malaysia Airlines nous apparaissent comme les compagnies qui seront les plus touchées. Il va de soi que toutes les compagnies chinoises seront très durement touchées. Mais les règles économiques ne s’appliquent pas de la même manière qu’ailleurs. Il est donc difficile de prédire dans quel état seront les compagnies chinoises après la crise.

 

Emirates, Ethiade et Qatar Airways seront très durement touchées par la crise du coronavirus. Ces trois compagnies ont misé beaucoup sur les passagers transitant entre l’Asie et l’Europe. Elles se retrouvent sur la ligne de front alors que leurs finances sont déjà amochées. Le coronavirus est une épreuve de plus pour ces trois compagnies aériennes.

 

Turkish Airlines a elle aussi misé sur le trafic de transit entre l’Asie et l’Europe. Mais dans son cas, ses finances sont meilleures que celles des trois grandes compagnies arabes. Turkish pourrait même en profiter pour gagner des parts de marché.

 

En Europe, Air France KLM et British Airways sont les plus exposées. Les finances du groupe Air France-KLM ne sont pas très bonnes et le mois de février sera pénible. Les transporteurs à rabais EasyJet, Wizz Air et Ryan Air n’ont pas trop à craindre.

 

Les trois géants American, Delta et United seront touchés par cette crise eux aussi. Mais les trois compagnies affichaient de solides profits avant le début de l’épidémie de coronavirus. Parce qu’elle n’exploite pas de 737MAX, Delta avait tiré profit de la situation aux dépens des deux autres géants. Mais le coronavirus replace les trois compagnies à égalité. Pas trop de craintes pour Allegiant, Jetblue, Spirit et Southwest qui sont des transporteurs à rabais.

 

 

Les aéroports canadiens

Les effets de l’épidémie du coronavirus sont élevés à l’aéroport de Vancouver. C’est cette ville qui est le point d’entrée au Canada de bien des compagnies asiatiques. Pour cet aéroport, les effets du coronavirus devraient durer plusieurs mois.

 

Comme on peut s’y attendre, l’effet va en diminuant en se dirigeant vers l’Est du pays.

Le premier trimestre de l’année est souvent le plus tranquille à Montréal-Trudeau. Même s’il devait y avoir une décroissance durant cette période ce n’est rien de dramatique.

 

Conclusion

En 2019, 27 compagnies aériennes ont fait faillite. La croissance du transport aérien était moins vigoureuse avant le début de l’épidémie. 2020 sera donc une autre année difficile avec son lot de faillite. Plus le coronavirus sera actif longtemps et plus il y aura de faillites. L’autre aspect non négligeable, c’est l’effet qu’aura l’épidémie sur l’économie chinoise. Une récession en Chine est bien possible, il serait alors beaucoup plus difficile de freiner la contagion au reste du monde.

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