Les mauvaises manières de Bombardier

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On ne peut pas reprocher à une entreprise de vouloir rationaliser ses opérations en disposant de certains de ses actifs ou encore en procédant à des suppressions de postes. Mais il y a quand même un minimum de précautions à prendre surtout quand il est question de pertes d’emplois.

 

Lors d’une conversation téléphonique, le coordonnateur de la section locale 712 de l’AIMTA, M. Dave Chartrand, nous mentionnait que Bombardier a la désagréable habitude de toujours faire ses annonces de coupure d’emplois de manière très générale sans définir clairement quelle entité ou quel secteur d’activité sera touché. Selon M. Chartrand, si Bombardier a l’intention de couper 2 500 postes au Québec, ce sont les 15 000 employés de Bombardier au Québec qui vivent maintenant dans l’inquiétude. L’annonce a été faite ce matin sans que des partenaires comme l’AIMTA, qui représente près de 4 500 travailleurs de Bombardier, soient mis au courant à l’avance.

 

En fin d’avant-midi aujourd’hui, M. Chartrand avait reçu des appels du premier ministre du Québec M. François Legault ainsi que du ministre de l’Économie et de l’innovation M. Pierre Fitzgibbon afin d’offrir leur soutien aux travailleurs de Bombardier. Mais M. Chartrand n’avait toujours pas rencontré ou discuté directement avec Bombardier. Bref, quand Bombardier annonce des mises à pied, le premier ministre du Québec trouve le temps de parler au représentant syndical, mais pas le président de l’entreprise.

 

Si l’inquiétude est bien réelle pour les employés de Bombardier, M. Chartrand croit que les impacts seront minimes pour les 4 500 employés qu’il représente. Il rappelle qu’avant le début des grandes manœuvres de réorganisation, l’AIMTA représentait près de 4 500 employés et que ce nombre est encore le même en 2018.

 

La manière dont Bombardier a traité les représentants de l’AIMTA aujourd’hui est très représentative de la manière dont elle traite tous ses partenaires dans de telles circonstances, c’est-à-dire qu’elle les met devant un fait accompli et tente de se cacher par la suite. Alors qu’elle procédait à l’annonce de la vente du programme Q400, de la vente de sa division de formation des pilotes d’avions d’affaires et des coupures de 5 000 employés, Bombardier s’est contenté de faire un communiqué de presse. Par la suite elle a tenu sa traditionnelle conférence téléphonique avec les analystes financiers, comme elle le fait à tous les dévoilements des résultats trimestriels, au cours de laquelle les journalistes ne peuvent pas poser de question. Elle n’a convoqué aucune conférence de presse et ne tiendra aucune séance d’information, comme si elle venait d’annoncer la vente de deux caisses de bananes.

 

La perception des annonces de ce matin est très négative comme en témoigne la chute de 20% de l’action sur les marchés boursiers. Bombardier continu de se comporter comme si elle n’avait de comptes à rendre à personne; c’est une mauvaise habitude dont elle aurait intérêt à se débarrasser au plus tôt.

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