L’industrie du transport aérien entre en hibernation

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Les répercussions de la pandémie COVID-19 sur l’industrie du transport aérien continuent de s’accentuer. Une après l’autre, les compagnies aériennes annoncent des réductions drastiques de leur capacité. Au début du mois d’avril, c’est près de la moitié de la flotte mondiale qui sera à l’arrêt. Tout comme le font certaines espèces animales, l’industrie du transport aérien entre progressivement dans un état d’hibernation. On sait maintenant que le ralentissement durera au moins pour les mois d’avril et mai. Après, la reprise dépendra en grande partie de l’état de santé générale de la population mondiale. 

Une situation sans précédent

C’est une situation unique que vit l’industrie du transport aérien et toute comparaison avec les crises précédentes est futile; les attentats du 11 septembre 2001 avaient provoqué un arrêt complet des vols aux États-Unis de trois jours seulement. Dans le cas présent, il s’agit d’un ralentissement mondial de plus de 50% pour une période d’au moins deux mois.

Mais en fait, les taux d’occupation des vols commerciaux avaient déjà commencé à chuté au début de février. Dès les premières manchettes au sujet de l’épidémie en Chine, les voyageurs ont commencé à déserter les aéroports. Depuis la fin février, un grand nombre d’entreprises ont restreint les déplacements de leurs employés. Le phénomène s’est accéléré jusqu’à la semaine dernière. 

La clientèle affaires constitue une partie importante du revenu des compagnies aériennes. Son comportement a une influence directe sur la prise de décision des hauts dirigeants dans le transport aérien. Or cette clientèle est en train de changer ses habitudes et de s’adapter au télétravail et aux téléconférences. Deux mois de restriction des déplacements, c’est suffisant pour sevrer les entreprises qui étaient accros aux déplacements en avion. 

 À ce stade de la crise, personne ne peut garantir que la clientèle affaires reviendra à son ancienne accoutumance. 

Au Canada

Les compagnies canadiennes ont tardé à réagir à la crise qui secoue l’industrie du transport aérien. Cela s’explique en partie par le fait que l’hiver, ce sont les vols vers le sud qui dominent ici. Cette clientèle achète souvent ses forfaits à l’avance et était moins sensible à la situation en Asie. Mais le début de la période des réservations pour la saison estivale pour l’Europe et la baisse importante des réservations a rattrapé les compagnies canadiennes.

L’annonce de la fermeture de la frontière entre le Canada et les États-Unis sera sans doute le coup de grâce. Pour Air Canada, les vols intérieurs ne représentaient que 30% de ses revenus totaux en 2019. Il est évident que même ce dernier secteur va subir une contraction importante de la demande. Il est déjà maintenant acquis, qu’aucune compagnie aérienne au Canada ne pourra survivre à la crise sans support gouvernemental. Air Canada, Air Transat, Jazz (Chorus Aviation) Porter, Sungwing et WestJet comptent près de 60 000 employés. À cela il faut ajouter les employés des aéroports, des fournisseurs et autres et le total est de près de 150 000 emplois. Il ne faut pas oublier les industries du divertissement, des loisirs, du tourisme et de la restauration qui seront elles aussi sévèrement affectées. 

Une durée indéterminée

On ne sait pas encore combien de temps exactement durera le confinement; un virus ça n’a pas d’agenda et d’horaire. Faire la comparaison avec l’évolution de la pandémie en Chine est inutile; pour réussir à juguler COVID-19, le gouvernement chinois n’a pas hésité à utiliser des mesures coercitives au tout début de son éclosion. Une telle réaction dans les pays démocratiques est impensable. 

De plus, certains gouvernements occidentaux ont fait preuve de laxisme dans leur réaction à la pandémie. Ce qui veut dire que la crise sanitaire va s’étirer dans certaines régions du monde. La frayeur des passagers demeurera donc encore plusieurs mois. Nul ne sait combien de temps l’hiver durera pour les compagnies aériennes. En attendant, l’industrie du transport aérien réagit comme un organisme vivant se met en hibernation afin de survivre.

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Une réflexion sur “L’industrie du transport aérien entre en hibernation

  • mars 18, 2020 à 2:26 pm
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    La plupart des transporteurs américains perdent entre 25 et 30% à la bourse aujourd’hui seulement. Air Canada perd 40%. Transat est à 5$, très loin des 18$ de l’offre d’Air Canada.

    Boeing perd 27% et Airbus 22%. Bombardier 33% à 0,40$…. (capitalisation boursière de 1 milliard canadien…)

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