Est-ce que Mitsubishi ferait un bon partenaire pour l’A220?

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Hier, un lecteur du site Les Ailes du Québec a formulé le commentaire suivant : « Si Bombardier est contraint et forcé de vendre sa part, que va-t-il se passer? Une vente de leur part à Mitsubishi ou à Comac?
Avec Mitsubishi ferait beaucoup de sens je trouve. »

 

L’idée que Mitsubishi achète la part de Bombardier dans l’A220 mérite que l’on s’y attarde quelque peu.

 

Les déceptions

Mitsubishi est un fournisseur de Boeing sur tous ses programmes d’avions civils encore en production. Mitsubishi a beaucoup investi dans le B787 alors qu’elle fournit 35% des pièces et composantes. Boeing a déjà annoncé un ralentissement de cadence du B787 de 14 à 10 appareils par mois. Ce ralentissement est donc une mauvaise nouvelle pour la compagnie japonaise. En fait, Mitsubishi est affectée par le ralentissement de tous les programmes d’avions de Boeing. De plus, l’avionneur américain a fait connaître son intention de développer le prochain avion à l’interne. C’est une autre mauvaise nouvelle pour Mitsubishi qui pourrait être ainsi écartée. En toute logique, c’est le Brésil qui sera le prochain partenaire de choix de Boeing.

 

Dès le lancement du programme MRJ, la compagnie japonaise s’est collée à Boeing. En 2011, Mitsubishi avait même signé une entente avec Boeing. Ce contrat lui permettait d’utiliser le réseau de service après-vente de Boeing pour le MRJ. Par la suite, elle a ouvert un bureau d’ingénierie à Seattle en 2015, l’objectif étant d’accélérer la certification FAA.  En 2017, Mitsubishi a également choisi Seattle pour y installer son bureau chef nord-américain.

 

Mais en décembre 2017, Boeing a confirmé qu’elle négociait avec Embraer tournant ainsi le dos à ;a compagnie japonaise japonais. C’était un dur coup pour Mitsubishi qui voyait Boeing choisir l’E2 d’Embraer pour répondre au partenariat Airbus-Bombardier. Il devenait alors évident que le MRJ ne pourrait pas utiliser le réseau de services après-vente de Boeing. C’est ce qui a forcé le fabricant du MRJ à sortir 750 M$ pour acheter celui du CRJ en juin 2019. 

 

Le MRJ a été renommé SpaceJet mais sa certification continue à rencontrer des difficultés. Utiliser le mot déception pour parler de la certification du SpaceJet est un euphémisme.

 

Pourquoi l’A220

Acheter la participation de Bombardier dans l’A220 comporte plusieurs avantages pour Mitsubishi : il est prévu qu’après la certification du SpaceJet M90, d’autres variantes soient développées. Il serait alors possible d’harmoniser la suite avionique du M100 et du M200 à celle de l’A220. Le SpaceJet s’intègrerait alors beaucoup mieux avec la gamme d’avions d’Airbus. Pour un pilote, il serait alors beaucoup moins compliqué de passer du SpaceJet à l’A220. Les compagnies aériennes pourraient alors faire des économies.

 

Participer à mise en production de l’A220 serait une expérience très utile quand viendra le tour du SpaceJet. De plus, Mitsubishi s’éloignerait du canard boiteux qu’est devenu Boeing tout en se rapprochant d’Airbus.

 

L’avantage pour Airbus

L’arrivée de Mitsubishi dans l’A220 permettrait à Airbus d’avoir un partenaire sur qui elle pourrait compter à long terme. Le géant japonais a fait preuve d’une patience et d’une détermination à toute épreuve avec le SpaceJet. Sa solidité financière ne fait aucun doute et au Japon on ne tergiverse pas avant de supporter nos champions.

 

Un rapprochement avait Mitsubishi permettait à Airbus de concurrencer Boeing et l’E2 sans avoir à verser un seul sou. Dans ce contexte, Airbus aurait tout intérêt à ce que le SpaceJet sorte de son pétrin.

 

Du point de vue industriel, l’arrivée du groupe Mitsubishi serait une excellente chose pour Airbus. Les fournisseurs de la famille A320neo ont énormément de difficultés à suivre le rythme. En tant que fournisseur, le géant japonais serait en mesure d’offrir une capacité de production supplémentaire. C’est exactement ce dont Airbus a le plus besoin en ce moment.

Selon l’entente en vigueur, Bombardier et Québec sont obligés de vendre leur part à Airbus et personne d’autre. Il revient donc à l’actionnaire majoritaire de décider sir un nouveau partenaire lui serait utile. À notre avis ce serait dans son intérêt.

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20 réflexions sur “Est-ce que Mitsubishi ferait un bon partenaire pour l’A220?

  • février 2, 2020 à 9:18 am
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    D’une façon ou d’une autre, AIRBUS va recevoir de l’argent du GQ pour augmenter la cadence de production. Il y a déjà une flopée de programme d’aide en place. Il n’y a qu’a trouver lequel fit avec les besoins d’AIRBUS. S’il n’y en a pas il vont en faire un à leur mesure.

    AIRBUS n’en a rien a foutre des avions de moins de 100 places. Le Japon est trop petit pour acheter des centaines d’avions et faire un deal avec AIRBUS dans un partenariat à long terme.

    MHI est en train de perdre toute crédibilité avec le SpaceJet. La phase de maturation n’est même pas commencer. Il ne sont sorti du bois. Qu’ils finissent ce qu’ils ont commencer avant!

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    • février 2, 2020 à 9:51 am
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      Je pense qu’il y a une part de vérité dans ce que vous avez dit.

      Récemment il y a un billet de blog publié en janvier. Il faut lire l’article principal et surtout le commentaire #12.
      C’est une spéculation plutôt intéressante à considérer.

      Si les québécois et les canadiens croient à l’A220, une levée de fond par une offre publique d’achat pourraient être une solution pour financer la suite de l’aventure québécoise. Pour ce faire il faut d’abord que le partenariat change de statut juridique.

      Évidemment, parmi les investisseurs il peut y avoir Mitsubishi s’ils ont de l’argent à dépenser.

      https://verovenia.wordpress.com/2020/01/17/over-the-cliff/

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  • février 2, 2020 à 11:54 am
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    C’est Bombardier qui a manifester il y a quelques temps le désir de quitter la Société en commandite Airbus Canada avant son terme de 2026. Bombardier aviation a fait un virage important avec son plan de redressement commencer à l’automne 2015, maintenant la priorité c’est les avions d’affaires. Je pense bien que quitter la Société en commandite serait la bonne chose à faire. Bombardier à déjà couru plusieurs « lièvres programmes » en même temps avant 2015. On ces tous comment sa fini. L’avionneur Québécois avait surement les compétences pour le faire mais il était loin d’avoir les ressources financières pour. Arrêter de traîner des boulets serait surement une bonne opportunité d’affaire pour pouvoir se concentrer sur le développement et la fabrication d’avions d’affaires. Mitsubishi comme partenaire dans la Société en commandite serait également une très bonne opportunité d’affaire aussi pour les inciter à s’installer au Québec solidement. Avec le ministre Québécois de l’économie qui est très pro-développement économique il pourrait certainement offrir une aide que Mitsubishi et Airbus pourrait difficilement refuser. Tant qu’a Bombardier transport j’espère qu’il vont former seul ou avec un partenaire une autre compagnie pour la fabrication des trains. Un autre boulet que bombardier avion n’aura plus à traîner. Ce qui pourrait bien contribuer à relancer cette nouvelle compagnie vers une rentabilité accru. Quand Bombardier inc à vendu la division produits récréatifs qui était devenu un autre boulet et bien cette division devenu une compagnie indépendante mais toujours Québécoise c’est mise à performer miraculeusement. Comme toutes compagnies ils ont des hauts des bas puisque leurs produits est plutôt récréatif en majorité. On en sera plus le 13 février surement si passe ou sa casse pour Bombardier inc. En abordant de manière rationnelle et sans émotions particulières je pense que la « marmite » bombardier aviation à tous se qu’il faut pour franchir cette dernière étape et assurer sa survie seul. Si non faudra bien envisager un jour une autre alliance avec un second avionneur mais je continu de croire que sa sera pas le cas.

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    • février 2, 2020 à 6:22 pm
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      C est certain que financierement cela arangerait tout le monde.
      Airbus qui ne veut pas y mettre trop d argent, bombardier qui ne peut plus y mettre le moindre sous, et le gouvernement qui ne peux pas aider pour des raisons politiciennes…
      Sauf que vous allez vous retrouver deposseder de votre bebe, si cherement aquis…
      Un peux de nationalisme bon sang ! Non?
      Il n.y a pas un investisseur prive capable d intervenir?

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  • février 2, 2020 à 3:16 pm
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    Bombardier ne peut pas vendre sa part du A220 à Mitsubishi pour la simple raison que Bombardier doit d’abord l’offrir à Airbus et la Caisse.

    Airbus la laisserait pas aller à Mitsubishi. Airbus a pas besoin de Mitsubishi du tout.

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    • février 2, 2020 à 5:39 pm
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      Comme il est dit plus haut si Bombardier et Investissement Québec vendre leurs parts dans la Société en commandite
      Airbus Canada avant terme ou à terme, l’avionneur européen peu légalement vendre des parts à une autre compagnie. Après quelques modifications à l’automne 2019 les parts sont Airbus 50,06% et Bombardier 33,58% aussi Investissement Québec 16,36% * La Caisse de dépôt n’a pas de parts dans la société en commandite Airbus Canada mais elle possède 30% des parts dans la division transport ferroviaire de Bombardier inc.

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    • février 2, 2020 à 8:13 pm
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      …petit lapsus, en effet ce n’est pas la Caisse mais bien Investissement Québec qui est associé dans ACLP.

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  • février 3, 2020 à 2:42 am
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    A ce stade, il y a beaucoup de spéculations.

    Ce qui est clair est que visiblement Bombardier ne peut plus financer les coûts engendrés par le développement et la montée en cadence du C Series (A220).

    Il me semble il n’est pas très raisonnable pour Airbus de financer le program A220 encore plus aujourd’hui vu les amandes à payer pour les cas de corruption. Il y a bien d’autres priorités avant l’A220 à régler. Par exemple pour finir le développement de l’A321XLR et d’autres produits.

    Depuis toujours, j’ai toujours été très étonné de la prise de contrôle du programme C Series par Airbus. À mon avis ça constitue une distraction pour les gestionnaires alors qu’il y a d’autres choses plus importantes à faire.

    Je comprends les arguments des uns des autres défendant cette prise de contrôle, mais j’ai toujours du mal à comprendre la motivation.

    Ceci dit, si Airbus réussi à bien isolé l’A220 du reste de l’entreprise au niveau risques financiers alors la prise de contrôle ne constitue pas une menace. Pour ce faire il faut que la form juridique du partenariat change. Une structure comme une société en commandite me parait inadaptée pour progresser plus loin. Il faut que ça change.

    Il se peut que dans la nouvelle structure si celle-ci est constituée, les parts de Bombardier et de l’Investissement Québec soient diluées.

    Qui mettra de l’argent dans une telle entreprise ? Je ne sais pas. Ça peut être un fond de pension.

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    • février 3, 2020 à 5:31 pm
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      Un A220-500 serait l’équivalent d’un A320, personne chez Airbus n’a le goût présentement de saborder ce projet mais en aéronautique les changements peuvent se faire rapidement.

      Il faut regarder du coté de Boeing pour donner un sens a cette acquisition, le 737 avec la crise du MAX devra sûrement être mis au rancart plus rapidement que prévu, avec tout ce qui s’est dit sur ce modèle il ne serait pas étonnant que le publique ne veuille tout simplement plus s’asseoir dedans, alors Boeing devra retourner sur la planche à dessin et sortir un nouveau modèle, Airbus pourrait avec un A220-500 le prendre de cours avec un avion performant et arrivant à maturité plus rapidement et à moindre coût qu’un nouveau programme.

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      • février 4, 2020 à 12:21 pm
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        Le 500 sera pour des clients qui n’ont pas de 320 et vu le niveau de production très faible du A220, c’est pas le 500 qui va faire ombrage au A320 ça c’est sûr pour au moins 10 ans.

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        • février 4, 2020 à 1:59 pm
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          C’est ce qu’à laissé sous entendre Airbus.
          Ne proposer le 220 qu’aux clients qui n ont pas de 320 mais des 737.
          Mais on vois avec AirFrance que ce n’est pas tout a fait vrai.

          Le 500 pourrait être fait après un 322, en décalant la famille 320 vers le haut.

          Mais vu ce qu’il se passe maintenant avec bombardier, il faudrait être devin pour savoir ce qu il va se passer avec tout ça…

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          • février 4, 2020 à 3:14 pm
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            AF ne peut pas compétitionner contre Ryanair ou Easyjet sans le 500. Vu leur lourde convention collective, AF n’a aucune chance s’il utilise la même chose qu’eux.

            Pour Bombardier, ça sent la famille 100% financière.

  • février 4, 2020 à 12:18 pm
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    Une solution c’est que MHI soit le quatrième actionnaire dans AIRBUS Canada si AIRBUS ne veut pas mettre un sous mais j’en doute fortement. AIRBUS a le pognon et ne voudra pas s’encombrer d’un autre joueur. AIRBUS sait comment «torquer» les gouvernements.

    «Le gouvernement Legault élargit la mission d’Investissement Québec»

    https://www.lapresse.ca/affaires/economie/202002/03/01-5259438-le-gouvernement-legault-elargit-la-mission-dinvestissement-quebec.php

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    • février 4, 2020 à 3:13 pm
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      Que va il rester de Bombardier en 2021?

      C’est triste de voir l’empire que Laurent Beaudoin à mis 30 ans à batir, se faire charcuter parce que son fils Pierre n’avait aucun sens de la réalité.

      Laurent le bâtisseur.
      Pierre le fossoyeur.

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  • février 4, 2020 à 8:28 pm
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    Excellent commentaire de Mehran Ebrahimi (RDI Économie) au sujet des parts de Bombardier et du Québec dans le A220. Voulons nous vraiment avoir une industrie aéronautique? Si oui, il faut faire comme les USA et les Européens en investissant et en étant patient.
    Le PM veut des emplois mais avec son attitude le Québec perdra beaucoup d’emplois.

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