Air Transat s’intègre bien dans la stratégie de croissance d’Air Canada

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NDLR

Ce texte a été publié une première fois en mai dernier. Nous l’avons modifié que très légèrement et il est toujours pertinent.

Si on veut comprendre comment et pourquoi Air Transat est une bonne acquisition pour Air Canada, il faut d’abord regarder quelle est la stratégie de croissance des dernières années du porte-étendard canadien. Tous les chiffres et statistiques à propos d’Air Canada que vous lirez dans ce texte sont tirés sa présentation faite aux investisseurs par la haute direction le 28 février 2019.

 

La croissance internationale d’Air Canada

Au cours des dernières années, Air Canada s’est servie de la sixième liberté de l’air qui permet d’embarquer des passagers aux États-Unis de les faire transiter par un aéroport canadien avant de les amener dans un troisième pays. La réciproque s’applique également pour les visiteurs qui partent d’outremer pour venir aux États-Unis.

 

Comme le montre le premier tableau, les efforts de croissance d’Air Canada au cours des cinq dernières années se sont concentrés sur les marchés internationaux.

Croissance de la capacité d'Air Canada 2013-2018
Croissance de la capacité d’Air Canada 2013-2018

 

Cette croissance à l’internationale a permis à Air Canada d’augmenter le nombre de passagers internationaux qui ne font que transiter par un aéroport canadien de 142% de 2013 à 2018. Comme le démontre le prochain tableau, les vols intérieurs ne représentent plus que 29% de tous les revenus d’Air Canada; même sans l’acquisition d’Air Transat, les revenus des vols transatlantiques auraient fini par dépasser ceux des vols intérieurs en 2019 ou 2020.

 

Revenus d'Air Canada par marché
Revenus d’Air Canada par marché

Les succès d’Air Canada au cours des dernières années s’expliquent par un service à la clientèle supérieur à ce qui se fait aux États-Unis et par des prix compétitifs; d’ailleurs, la compagnie remporte de plus en plus de distinctions internationales. Si Air Canada est de mieux en mieux cotée à l’internationale, ses succès passent presque inaperçus au Canada et au Québec.

 

Le marché européen

Les voyageurs désirant se déplacer entre des villes comme, Baltimore, Cincinnati et Washington vers des villes comme Bordeaux, Lyon ou Marseille doivent d’abord prendre un vol vers New York, puis un autre vers Paris pour finalement prendre un troisième vol vers la destination finale. Avec l’arrivée d’Air Transat, Air Canada pourra offrir des vols quotidiens entre ses deux principaux hubs de Montréal et Toronto vers un très grand nombre de villes européennes.

 

Le réseau européen de destinations d’Air Transat permettra à Air Canada d’augmenter les fréquences sur plusieurs liaisons et d’offrir une flexibilité aux passagers qu’aucun autre transporteur ne sera en mesure d’offrir. Ainsi sera-t-il possible de partir de Baltimore et de se rendre à Bordeaux avec une seule connexion ; de plus dans le sens inverse, les voyageurs peuvent passer les douanes américaines lors du transit à Montréal ou Toronto. Le grand nombre de vols directs  vers des destinations européennes conjugué aux 55 destinations vers les États-Unis ouvrira à Air Canada des possibilité qu’aucun autre transporteur n’est en mesure d’offrir aux voyageurs qui cherchent à éviter le trop grand nombre de connections.

 

Les destinations soleil

Le regroupement de Vacances Air Canada et de Transat A.T. en ferait l’un des plus gros, sinon le plus gros, acheteur de nuitées auprès des hôteliers des Caraïbes et des régions voisines. Son immense pouvoir d’achat la placera en position de force afin de négocier des escomptes supplémentaires. L’offre regroupée d’Air Canada et Air Transat

sera définitivement compétitive dans le Nord-Est du continent et pourrait également lui permettre d’offrir des vols entre les Caraïbes et le continent européen durant l’hiver.

 

Trois compagnies trois rôles bien distincts

Air Canada est un transporteur traditionnel qui offre toute la gamme de services tant au sol qu’à bord. Au Canada, elle demeurera le premier choix de la classe affaires et des voyageurs fréquents qui sont à la recherche de plus d’espace et de services. Son positionnement sur les marchés étrangers continuera de s’améliorer avec le temps.

 

Transat A.T. est le plus gros groupe sur le marché transatlantique des forfaits vacances et de voyages d’agrément; le regroupement de ses activités avec celles de Vacances Air Canada en ferait un des plus gros agents au monde. 37 % de ses passagers sur les vols transatlantiques sont européens. Le nom d’Air Transat devrait subsister pour encore au moins une dizaine d’années et il n’y a aucune nécessité de regrouper les listes d’anciennetés des syndiqués des deux compagnies.

 

 

Lors de sa création en 2013, Rouge était d’abord destiné au marché des vacances à forfait et d’agrément. Au début de 2018, Air Canada a ajouté les liaisons intérieures à bas prix au rôle de Rouge. Comme les coûts d’exploitation de Rouge sont inférieurs de 29% à ceux d’Air Canada, cela en fait la compagnie désignée pour lutter contre l’arrivée au Canada des transporteurs à rabais comme Swoop, Flair et jetlines. L’acquisition d’Air Transat offre donc l’opportunité à Air Canada d’exploiter de manière rentable les appareils de Rouge sur plusieurs routes régionales ou transfrontalières. Les appareils des transporteurs régionaux ainsi libérés pourront être alors utilisés pour ouvrir encore plus de destination aux États-Unis ou encore améliorer les fréquences et la connectivité des liaisons existantes.

 

Conclusion

S’il y a une chose que vous devez retenir, c’est qu’Air Canada est véritablement devenue une compagnie internationale et que ses plus gros concurrents le sont aussi; c’est donc dans cette optique qu’il faut analyser sa décision de faire l’acquisition du groupe Transat A.T.

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26 réflexions sur “Air Transat s’intègre bien dans la stratégie de croissance d’Air Canada

  • mai 19, 2019 à 11:19 pm
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    À ce que je sache, les 15 A321LR d’Air Transat sont des contrats de locations de 12 ans avec AerCap et seront tous livrés d’ici 2022.

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    • mai 20, 2019 à 6:09 am
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      Je ne remet pas cela en question, je m’interroge seulement à savoir combien irait à Air Canada plutôt qu’à Air Transat.

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      • mai 20, 2019 à 7:14 am
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        De toute façon, Air Transat ne restera pas indépendant longtemps si Air Canada veut profiter des économies génèrées par les synergies entre les deux. D’ici 5 ans max, le nom Air Transat aura complètement disparu.

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        • mai 20, 2019 à 8:07 am
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          Là je ne suis pas d’accord; Air Canada et Rouge sont deux marques bien séparés et cela n’empêche absolument pas Air Canada d’être très rentable alors que les coûts d’opération de Rouge sont 29% inférieur à ceux d’Air Canada tout en étant une deuxième marque.

          Il n’est pas nécessaire d’intégrer les deux marques en une seule afin d’obtenir des économies d’échelles. Par exemple: Air Canada fait actuellement affaires avec IBM pour une bonne partie de ses services de technologie de l’information, la gestion de la paye et des avantages sociaux qui est exécutée en grande partie aux Philippines. Air Canada pourrait très bien intégrer le gestions de ces services pour Air Transat sans avoir faire disparaître le nom d’Air Transat tout en obtenant une réduction du des coûts pour cette dernière.

          Le modèle d’affaires vers lequel évolue Air Canada en ce moment ressemble à ce celui des groupes IAG et Lufthansa.

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          • août 24, 2019 à 11:54 am
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            Chose sûre, le nom Air Transat va disparaître très rapidement à l’extérieur du Québec. Je ne serais pas surpris que les A321 qu’ils attendent seront en majorité peint en rouge.

  • mai 20, 2019 à 10:48 am
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    1) Air Canada est depuis très longtemps une compagnie de calibre international de part son organisation , structure , ses actions et vision ,
    2) serait bien malin qui peut prédire avec certitude l avenir mon cher Watson !
    3) ta conclusion est -elle réellement basée sur ton analyse ?
    4) parfois notre expérience personnel nous empêche de voir toute la foret et on ne voit que quelques arbre , je parle de moi bien sur …..

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    • mai 20, 2019 à 11:22 am
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      Disons que je constate que la plupart des textes et analyses que j’ai lu à propos de l’acquisition de Transat par AC se basent sur l’expérience de la fusion avec Canadian et ne considèrent que le marché canadien. le texte visait a remettre les choses dans le contexte actuel.

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      • mai 20, 2019 à 2:16 pm
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        Très difficile de résumé et ou prédire l’avenir de Air Canada/ Air Transat sous différent point de vue tel que ,
        opérationnel , maintenance , financier , réglementaire .
        Mercie de partager ta vision des choses.

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  • mai 20, 2019 à 1:44 pm
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    En ce qui concerne l’avenir des A321neo LR, j’avais remarqué votre commentaire précédent à l’effet qu’Air Canada pourrait les récupérer et en profiter pour laisser tomber sa commande de 737MAX9. Cela semble logique, compte tenu qu’il ne reste que 9 MAX9 en commande selon ce que je vois.

    Il ne faut pas oublier les CS300, alias A220-300 qui vont bientôt commencer à entrer en service chez AC pour remplacer les E190 et A319, selon ce que je comprend.

    Quant au 737MAX8, est-ce que vous croyez qu’Air Canada regrette sa décision d’y aller avec cet appareil pour remplacer ses A320? Est-ce que les 737MAX8 vous semblent promis à une longue carrière chez Air Canada?

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    • mai 20, 2019 à 1:55 pm
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      C’est le public qui va décider de la longévité du MAX dans la flotte d’Air Canada comme partout ailleurs dans le monde. Il y a beaucoup trop de variables pour être en mesure de se prononcer, mais pour l’instant disons que Boeing va devoir investir beaucoup en relations public.

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  • mai 20, 2019 à 2:28 pm
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    Mais il manque un élément important dans votre analyse, soit les salaires de TS vs Rouge.

    Le top de l’échelon TS est pratiquement le même que AC, alors que Rouge , au sommet de l’échelle, il y a une différence d’environ 45% avec TS et AC. Je vois mal AC demander aux employés de TS une diminution de salaire si importante! Il y aura certainement une intégration des listes de séniorité et la fusion du personnel de cabine pourrait se faire a moyen terme, par vagues. Rouge et AC ont la même liste d’ancienneté et un pont d’emploi est possible actuellement.

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    • mai 22, 2019 à 5:45 pm
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      Vous parlez seulement des pilotes, ce qui constitue que 20-30% des employes. Il ne faut pas oublier tout le reste des employes, mecaniciens, agents de bord, personnel de bureau, soutien, etc. de Rouge qui NE SONT PAS des employes de air canada. Ils sont employes de rouge. En fait, rouge n’est qu’une operation qui appartient a air canada, mais c’est pas la compagnie mere.
      En ce qui concernes les chauffeurs d’avion, ce sera tout un probematique de insertion. C’est le seul groupe d’employes qui ont acces a air canada. Advenant le cas d’un merge transat/rouge, comment integrer ce groupe d’employes dans le systeme ou ils ont acces non seulement rouge, mais aussi air canada? Historiquement, ces sujets sont tres ameres, normalement le petit groupe perd tres large et le vainqueur prend tout.

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      • août 24, 2019 à 12:01 pm
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        Les premiers à voir leurs jobs disparaître se seront les mécaniciens. AC fait réparer ses avions en Amérique centrale je crois. Ils vont faire la même avec AT. Cela va compenser pour les salaires plus élevés des autres employé chez AT.

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        • août 24, 2019 à 2:45 pm
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          Transat a a peut près le même modus operandi qu’AC pour l’entretien, donc y pas de job à couper

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          • août 27, 2019 à 7:51 am
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            À ce que je sache, AVEOS n’a pas d’installation dans des pays pauvres avec des bas salaires. Tout se fait à Montréal ou presque. AC va changer ça. Si les salaires sont trop élevés à leur goût, les premiers à disparaître ce sont les mécaniciens et après ils coupent dans les retraites.

            Durant le processus de reprise d’Alitalia tout les acheteurs potentiels avaient les mêmes intentions au niveau des mécaniciens. Les foutres presque dehors et envoyer l’entretien dans un pays pauvre. C’est la chose la plus facile à faire dans cette industrie pour baisser les coûts.

            PS: Où en est la vente de Short Brothers ??? Ça semble mort … AIRBUS est intervenu ???

          • août 27, 2019 à 8:13 am
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            La dernière fois que j’ai vérifié avec Transat il y a plus d’un an, le compagnie ne fait aucun D check sur ses avions. À Montréal elle fait les C check sur les A330 mais pas sur les B737. Pour les nouveaux 320-321 faut voir j’ai pas la réponse.

          • août 28, 2019 à 11:25 pm
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            transat ne fait aucun C check a mtl car ils sont fait a Rio.

          • août 29, 2019 à 6:54 am
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            RIo c’est pour les A330 et les B737 et A320-321 c’est à la pièces et le fournisseur change continuellement. Autrement dit, il n’y a pas de job de mécano à couper pour AC

  • août 24, 2019 à 6:07 pm
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    Les nouvelles sur cette transaction venant des médias de Québécor sembles assez spéculatives et disons aussi avec un manque d’objectivité. Les journalistes de ces quotidiens écrits et webs semblent adopter la position de leur patron PKP dont ces recommandations et ceux d’autres intervenants aux actionnaires furent rejeter à près de 85%. Voir que du négatif dans cette transaction je pense pas que sa soit juste……..http://lapresse.ca/affaires/entreprises/201908/23/01-5238521-vente-de-transat-sous-laide-dair-canada.php

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    • août 25, 2019 à 7:50 am
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      Correction:….furent rejeter à près de 95%……. qu’il faut lire…..

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