Transports Canada doit évaluer le stabilisateur horizontal du MAX

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C’est mercredi prochain que nous connaîtrons le nom du prochain ministre des Transports. À moins que le gouvernement ne soit renversé dans les six prochains mois, le nouveau ministre devra gérer le retour en vol du MAX.

 

Le MAX au Canada

 

Selon les registres de Transports Canada, 41 B737MAX sont immatriculés au Canada; 24 chez Air Canada, 13 chez Westjet et 4 chez Sunwing. Un total de 83 MAX sont encore en commande pour ces trois compagnies canadiennes. Dans les années à venir, il pourrait donc y avoir jusqu’à 123 MAX en service au Canada.  Par comparaison Air Canada et Air Transat sont les deux seuls opérateurs canadiens d’avions de la famille A320 dont le total est de 112 appareils. Le MAX pourrait donc devenir l’avion monocouloir le plus utilisé au Canada d’ici moins de cinq ans.

 

Il est maintenant établi qu’au début de 2020 la FAA sera la seule à lever l’interdiction de vol du MAX. Les autres agences de certification dont Transports Canada, feront leur propre évaluation qui prendra plus de temps. Étant donné le rôle important que le B737MAX est appelé à jouer dans le transport aérien au Canada, son retour en service ne doit être pris à la légère.

 

Le glissement du stabilisateur horizontal

 

L’hypothèse soumise par les ingénieurs Sylvain Alarie et Gilles Primeau est à prendre au sérieux. Rappelons que lors de l’émission Découverte du 10 novembre dernier, les deux ingénieurs ont soulevé la possibilité que la vis sans fin du stabilisateur horizontal du MAX ait glissé lors du vol fatidique ET302.

 

MM. Alarie et Primeau possèdent une solide expertise en matière de commandes de vol et en particulier sur le stabilisateur horizontal. Cette expertise a été reconnue par de grandes entreprises ainsi que par Transport Canada dans le passé. Il est donc impossible de balayer du revers de la main leur hypothèse sur le glissement progressif du stabilisateur horizontal au fur et à mesure que la vitesse de l’avion augmente. À ce jour, Transports Canada ne s’est toujours pas prononcé sur l’Hypothèse de MM. Alarie et Primeau.

 

Le rôle de Transports Canada

 

Une fois que Transports Canada aura autorisé le retour en service du MAX, les compagnies aériennes pourront faire leur propre évaluation. Mais celle-ci se limitera au manuel de vol, aux procédures d’exploitation ainsi qu’à la formation des pilotes. Elles n’ont pas le personnel et l’expertise pour mettre au point et exécuter un programme d’essais en vol afin d’évaluer la navigabilité du MAX. De plus, comme les compagnies aériennes ne sont pas l’autorité règlementaire, elles s’exposent à des poursuites de la part de Boeing en cas de refus de remettre le MAX en service.

 

Pour le retour en service du MAX, il faut également tenir compte de l’opinion publique dans cette équation. Normalement, lorsque les voyageurs posent des questions sur la sécurité d’un type d’avion, les compagnies aériennes s’en remettent aux décisions de Transports Canada. Or si le régulateur canadien n’effectue pas l’évaluation du stabilisateur horizontal du MAX, les compagnies aériennes auraient alors à se justifier auprès de leurs clients. L’inaction de Transports Canada risquerait donc de nuire considérablement à la réputation et à l’image des compagnies canadiennes.

 

C’est une question de leadership

 

La compétence de Transports Canada en matière de certification d’avion est reconnue mondialement. Et comme aucune autre agence de certification n’est appelée à évaluer l’hypothèse de MM. Alarie et Primeau, il revient au Canada d’assumer son leadership.

 

La décision que prendra Transports Canada à propos de MAX dans les prochains mois constituera un point de non-retour; un refus d’autoriser le MAX à voler mettrait probablement un terme à ce programme d’avion. Si le MAX retourne en vol, sa sécurité doit être hors de tout doute. Imaginons si dans deux ou trois ans il y avait un autre accident fatal? En plus des décès, le transport aérien mondial serait encore plus perturbé et la confiance du public serait perdue.

 

Transports Canada doit assumer son leadership et évaluer le stabilisateur horizontal du MAX, peu importe les influences extérieurs.

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6 réflexions sur “Transports Canada doit évaluer le stabilisateur horizontal du MAX

  • novembre 17, 2019 à 2:10 pm
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    La FAA repousse la pression de Boeing pour la recertification rapide du 737MAX. En effet lundi dernier Boeing déclarait publiquement que le MAX serait recertifier avant la fin du mois et que les livraisons reprendraient avant la fin de l’année. Le message de Dickson souligne le fossé qui existe entre Boeing et son principal régulateur. La FAA et les autres parties prenantes ont considéré la déclaration de Boeing comme une pression publique manifeste en faveur de la recertification du 737MAX avant la fin de 2019.
    https://theaircurrent.com/aviation-safety/faa-pushes-back-on-pressure-to-return-boeing-737-max-to-service/
    Les manigances de Boeing commencent à taper sur les nerfs de bien du monde et cela n’aidera pas Boeing. La FAA, les pilotes, les agents de bords et les transporteurs n’ont plus confiance en Boeing.
    Le personnel de bord d’American Airline ne veulent rien savoir du 737MAX. Ils ne veulent pas monter à bord de ces cercueils volants.
    « Je vous dis ce que les agents de bord me disent tous les jours et ils me supplient de ne pas les faire remonter dans cet avion », a déclaré Lori Bassani, présidente de l’Association des PNC, auprès de Dallas Morning News. Bassani a vivement critiqué Boeing suite à l’immobilisation au sol de tous les MAX en circulation. Il avait déclaré plus tôt en novembre que les PNC d’American Airlines pourraient refuser de travailler dans l’avion une fois que celui-ci serait rentré au service, s’ils l’estimaient pas assez sûr.
    https://www.air-journal.fr/2019-11-17-les-pnc-damerican-renaclent-a-revoler-sur-le-max-5216265.html?utm_source=dlvr.it&utm_medium=twitter
    Je ne suis pas sûr que la FAA autorisera les 737 MAX à voler au début de 2020.
    Le chantage qu’à fait Boeing aux transporteurs Américains pour qu’ils prennent livraison des MAX en décembre avant que la FAA n’a pas recertifié l’avion est du grand n’importe quoi qui prouve que Boeing n’a rien comprit. C’est encore le profit avant la sécurité et elle utilise l’intimidation en plus.

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  • novembre 17, 2019 à 2:22 pm
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    Oh! Ça commence à sentir la M … enfin … presque.

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  • novembre 17, 2019 à 2:57 pm
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    Selon les ingénieurs Alarie et Primeau, le stabilisateur horizontal et son interaction avec les systèmes de vol présentent un problème structurel.

    Ce problème a été exposé à un large public. Le reportage de Découverte fera sûrement le tour du monde et il est désormais impossible d’ignorer l’hypothèse de MM. Alarie et Primeau. Ça devient incontournable.

    Transports Canada a la responsabilité d’évaluer sérieusement cette hypothèse. Sans cette évaluation, la responsabilité d’un accident avéré par une défaillance de ces systèmes du MAX sur le territoire canadien sera imputable à Transport Canada.

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  • novembre 17, 2019 à 3:24 pm
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    Excellent article. Advenant une reprise des vols aux u.s.a et qu’au Canada la remise en vol est interdit de manière permanente, la réaction politique du gouvernement américain pourrait bien être d’annoncer des mesures de représailles. En espérant que l’agence de certification européenne EASA et Transport Canada vont coordonner leurs prises de décisions. Je doute que le Canada est la volonté politique de s’opposer seul à la remise en vol des MAXs. Sans l’appuis des Européens et d’une parti de la classe politique américaine anti-gouvernement Donald Trump, j’ai de très gros doutes pour cette interdiction au Canada seulement 🤔🤔🤔.

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  • novembre 17, 2019 à 3:44 pm
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    If it is Boeing (737 Max 8) I am not going….
    Si c’est un Série C je veux bien y aller !

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