Air Transat, l’alouette contre le faucon

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Le plan stratégique 2015-2017 d’Air Transat comporte deux éléments importants qui sont : un programme de réduction de coûts de 100M$ et un projet d’expansion aux États-Unis.  Il ne reste à peine que neuf mois pour terminer la mise en œuvre de ce plan; le programme de réduction de coûts est rendu à 75% de son objectif et ce dernier devrait être atteint sans trop de difficulté. Pour ce qui est du projet d’expansion aux États-Unis, rien n’a encore été annoncé ; pas même la moindre de petite bribe d’information à savoir où et quand Air Transat ira au pays de l’aigle.

 

Il faut dire que le retour à la rentabilité d’Air Transat prend plus de temps que prévu. Dans sa présentation aux investisseurs du 15 décembre dernier, la direction d’Air Transat explique sa contre-performance de 2016 par les quatre facteurs suivant : la crainte du virus du Zika, la possibilité d’une grève des pilotes, l’augmentation globale de l’offre sur l’Atlantique Nord et les attaques terroristes en Europe. Les deux derniers facteurs sont ceux qui auront sans doute le plus affecté le bilan d’Air Transat puisque les destinations trans- atlantiques ont toujours été ses plus rentables.

 

Dans le passé, Air Transat offrait en exclusivité plusieurs liaisons transatlantiques à partir de Montréal, mais cela a changé depuis l’arrivée du transporteur à escompte Rouge qui est la propriété d’Air Canada. Depuis quelques mois, j’ai entendu à plusieurs reprises des gens de l’industrie du transport aérien dire qu’Air Canada utilisait Rouge pour faire la compétition à Air Transat. Le fait que Rouge desserve maintenant les villes d’Athènes, Barcelone et Rome, qui étaient des liaisons très rentables pour Air Transat, tend à confirmer cette affirmation.

 

Quand on fait une comparaison des tarifs entre Rouge et Air Transat (voir le Tableau ci-dessous), il est tout de même surprenant que deux fois sur trois, ce soit Air Transat qui a le meilleur tarif. Ce qui veut dire que le prix des billets ne peut expliquer à lui seul le plus faible taux d’occupation d’Air Transat par rapport à Air Canada. Si on fait une recherche de billet à partir de Sept-Îles pour Rome avec un départ le 4 avril pour et un retour le 12 avril, l’aller-retour coûte 1203,58$ avec Air Canada. Étrangement, un aller-retour entre Sept-Îles et Montréal coûte 688.99$. Comme Air Transat ne dessert pas Sept-Îles, un passager qui prendrait cette compagnie devrait alors dépenser 1032.32$ pour un départ de Montréal soit à peine 171,26$ de moins. Air Canada se sert donc de son réseau qui dessert les plus petites localités afin d’alimenter les avions de Rouge et déplumer l’Alouette au passage.

Destination dates  Air Transat  Air Canada
Athènes 7 au 15 mai  $1011.28  $950.47
Barcelone 5 au 13 juillet  $1106.27  $1277.59
Rome 7 au 15 avril  $890.32  $1032.32

Cela explique peut-être pourquoi Air Transat n’a toujours annoncé son déploiement aux États-Unis, car si elle perd des plumes face au faucon qu’est Air Canada comment peut-elle espérer améliorer son sort en allant jouer dans le repère des Aigles.

 

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4 avis sur “Air Transat, l’alouette contre le faucon

  • février 1, 2017 à 2:48 pm
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    Rouge fait aussi une forte concurrence à Transat sur des destinations Sud (comme Puerto Vallarta).

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    • février 1, 2017 à 2:50 pm
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      Tout à fait et elle fait aussi compétition à SunWing, mais c’est la compétition sur les routes transatlantique qui fait le plus de dommage pour Air Transat.

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  • février 1, 2017 à 4:33 pm
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    Je me rappelle qu’Air Canada avait été particulièrement féroce contre JetsGo. Air Canada a déjà eu une mauvaise réputation à cet effet. Magiquement, les prix remontaient drastiquement une fois le concurrent assassiné…

    En espérant qu’Air Transat continu à prospérer. (A-t-on de l’information concernant les coûts sièges-miles à AC Rouge et à Air Transat?)

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    • février 1, 2017 à 4:40 pm
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      Je n’ai pas cette information précise, mais cela vaudrait la peine que je cherche un peu. Air Transat a un modèle d’affaire qui ressemble plus à un low cost et a une structure moins lourde qu’AC. Mais l’arrivée de Rouge change la donne. En passant il n’y a pas qu’AT qui est dans la mire du faucon, Sunwing aussi. AT a commencée à utiliser ses B737 pour alimenter son Hub montréalais avec des vols une fois par semaine à Bagotville et Val D’Or. Possiblement que Mont-Joli se rajoutera à la liste cet automne et qui sais, Sept-Iles suivra peut-être. Donc Air Transat serait en train de modifier sa façon de faire afin de l’adapter à la concurrence.

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