Transport aérien : reprise chaotique aux USA

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La reprise du transport aérien aux États-Unis s’est amorcée au printemps et elle est maintenant très avancée. Au cours des dernières semaines, le nombre de passagers quotidien correspond à 80 % du volume d’avant la crise. C’est beaucoup surtout si l’on considère qu’il n’y a que très peu de touristes qui entrent et sortent du pays. Il fait dire que les Américains se déplacent beaucoup à l’intérieur de leurs propres frontières. En effet, avant la pandémie, les vols intérieurs représentaient 75 % des passagers des compagnies américaines. 

La forte demande

Lorsque les réservations sur des vols intérieurs se sont mises à entrer, les compagnies aériennes ont ajouté des vols. Le résultat est que maintenant, l’offre de service est pratiquement la même qu’avant la COVID-19. D’ici la fin du mois d’août, le volume de passagers sur les vols intérieurs devrait dépasser le niveau de 2019. 

Pendant ce temps, les centres de formation des équipages tournent à plein et ils sont un goulot d’étranglement. Les compagnies doivent donc utiliser au maximum le temps de disponibilité de chacun des membres d’équipage.

Le problème

En théorie, les compagnies aériennes ont suffisamment de personnel navigant pour effectuer tous les vols à l’horaire. Mais cette année, elles ont moins d’effectifs en réserve lorsqu’un problème survient. Si des membres d’équipages ne peuvent se présenter à temps pour leur affectation, il faut alors piger dans ceux qui ont déjà des affectations. Il arrive parfois que des pilotes atteignent leur limite quotidienne ou mensuelle de temps de vol. 

Les compagnies aériennes se retrouvent donc dans l’obligation d’annuler certains vols par manque de personnel. D’ailleurs, American Airlines a connu quelques difficultés depuis quelques jours et a été forcée de faire des annulations. Le taux d’occupation des avions qui est supérieur à 85 % devient alors un autre problème. Pour replacer les passagers sur d’autres vols, cela en prendra plus de six autres. Dans les petits centres urbains où il y a peu de vols, cela peut prendre plusieurs jours. Heureusement, les grandes compagnies aériennes ont des ententes afin de replacer les passagers chez les compétiteurs. 

Le cas de Spirit Airlines

Depuis le 31 juillet, Spirit Airlines connaît d’importantes difficultés et elle a été forcée d’annuler des centaines de vols. Dans ce cas-ci, l’élément déclencheur serait la météo qui a forcé l’annulation de plusieurs vols samedi. Plusieurs équipages n’ont donc pas été en mesure de se rendre pour leur affectation du lendemain ; cela a donc accéléré la spirale des annulations. 

Certains avancent que le système de gestion des horaires des équipages serait également en cause. Mais cela n’est pas évident qu’il soit à l’origine du fiasco de Spirit. Toutes fois, il est fort possible que les nombreux changements aient causé des difficultés supplémentaires avec le système. 

Spirit Airlines étant une compagnie à très bas prix, elle ne dispose pas d’entente avec ses concurrents. Lorsqu’un vol est annulé, il faut obligatoirement replacer les passagers sur ses propres vols. Cela implique que des clients doivent dormir à l’aéroport et encore attendre plusieurs jours avant de pouvoir s’envoler. Des milliers de personnes ont été affectées et les images du chaos circulent librement sur les réseaux sociaux. Disons que ce n’est pas très bon pour l’image de la compagnie et du transport aérien. 

Conclusion

Affamées par la pandémie, les compagnies aériennes américaines se sont précipitées pour répondre à la forte demande. La perspective de dégager des profits lors du trimestre d’été était forte et il fallait en profiter. Mais pour y arriver, le système a été poussé à l’extrême et à la moindre anicroche tout se met à dérailler. 

Le transport aérien est une industrie qui est dépendante de la coordination, de la synchronisation et de la collaboration. En cette période de relance, il faut s’attendre à d’autres perturbations du genre. Qui sera le prochain ? 

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