Abipa et l’industrie 4.0

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Lors de l’annonce du regroupement entre Abipa et le groupe ARM, j’ai eu l’occasion de visiter l’usine ultramoderne de Boisbriand. Cette usine est l’une des plus modernes au Canada et un modèle de l’industrie 4.0.

Qu’est-ce que le 4.0

Après la vapeur, l’électricité et l’informatisation, l’industrie 4.0 est la quatrième révolution industrielle de l’époque moderne. Elle permet d’interconnecter et synchroniser entre elles les différentes fonctions d’une entreprise : les fonctions de marketing, d’approvisionnement, de logistique, de production et de gestion sont donc toutes interreliées et en temps réel. 

À tout moment, le système permet de fournir de l’information sur l’inventaire, la productivité, la qualité et les délais. Ce système génère beaucoup d’information qui doit être traitée et utilisée afin d’améliorer la qualité et la productivité. 

La machine-outil 4.0

Avec l’industrie 4.0, la machine-outil traditionnelle cède le pas à la machine intelligente. Elle doit toujours couper, aléser, percer, rectifier et ajuster, mais elle fait maintenant appel à l’intelligence artificielle. La machine est donc capable d’apprendre et de s’améliorer d’une pièce à l’autre. Ainsi, elle adaptera sa vitesse de travail en fonction de l’état de l’outil de coupe et de la forme de la pièce. Cette simple adaptation permet d’obtenir un procédé de fabrication plus stable. De plus, il est possible de demander à la machine de réduire l’usure des outils de coupe afin d’en prolonger la durée de vie. 

Chez Abipa, les machines sont regroupées en cellule qui peut en contenir jusqu’à huit. Le robot monté sur un rail les alimente en matière première et en plateau d’outils puis il récupère les produits finis. 

Abipa cellule 4.0
Abipa cellule 4.0

Il n’y a qu’un seul machiniste qui supervise la cellule qui produit 24 heures sur 24. La nuit, il n’y a personne de présent pour les surveiller, car elles ont une certaine autonomie. En période de pénurie de main-d’œuvre, cela permet donc d’éliminer le quart de travail le plus difficile à combler. Mais surtout, avec le 4.0, le temps d’arrêt des machines est réduit à son maximum.

Le 4.0 et la qualité

La fabrication 4.0 permet d’améliorer la qualité et la précision de la production. Chez Abipa, le taux de rejet des pièces non conformes est inférieur à 0,5 %. En fait, avec l’usinage 4.0 il est plus précis de quantifier les rejets en PPM ou pièces par million. Ainsi un taux de rejets de 400 PPM représente 0,04 % de pièces non conformes (le taux de 400 PPM est un exemple et ne provient pas des informations fournies par Abipa). 

Lorsqu’Abipa débute la fabrication d’une nouvelle pièce, elle en contrôle méticuleusement la qualité des premiers exemplaires. Même si les premières unités sont conformes, elles ne sont pas livrées au client. L’entreprise attend que le procédé de fabrication se stabilise et qu’il y ait peu de variation d’une pièce à l’autre. Ce n’est qu’une fois que la stabilité est atteinte que débute la production pour le client. 

La qualité et l’efficacité de la production en 4,0 permettent entre autres de réduire la quantité de matière première utilisée. Ce n’est donc pas un hasard su Abipa est spécialisé dans la fabrication de pièces en titane et en inconel. Elle est donc très compétitive pour la fabrication utilisant des matériaux dispendieux. 

La qualité et la stabilité permettent à Abipa de livrer à temps à ses clients. L’entreprise est un fournisseur certifié or chez Raytheon Technologies (Pratt & Whitney). De plus elle est sur le point d’obtenir la certification platine. Seulement 1 % des fournisseurs de Raytheon atteignent ce niveau de qualité. 

Les employés et le changement

Lorsque le président d’Abipa, M. Jean Blondin, a décidé de prendre le virage 4.0, il a fait une promesse à ses employés : il s’est engagé à ne couper aucun salaire et aucun emploi. Cet engagement était nécessaire afin d’obtenir l’adhérence de ses employés, car il avait besoin qu’eux aussi embarquent. 

Dans un environnement 4.0, il est impératif de travailler en équipe afin de pouvoir tirer profit de la masse d’information disponible. Une équipe peut regrouper entre autres un machiniste, un ingénieur, un dessinateur, un programmeur, un acheteur, un gestionnaire et d’autres fonctions. La capacité de travailler et d’interagir avec les collègues de travail devient une qualité essentielle. Ceux qui connaissent bien le milieu industriel savent à quel point les relations entre machinistes, ingénieurs et dessinateurs ne sont pas toujours harmonieuses. 

Il faut donc effectuer un changement de mentalité et également former les gens afin qu’ils puissent travailler ensemble. C’est une tâche impossible à réussir si les individus n’adhèrent pas au changement. Sur ce point, M. Blondin souligne que les succès d’Abipa reposent sur ses employés qui ont participé à la démarche de transformation. Les résultats ont été spectaculaires alors que la productivité a augmenté de 300 %. Non seulement l’entreprise n’a pas effectué de mise à pied, mais elle a embauché et doublé sa taille grâce au virage 4.0. 

Enfin, soulignons que la convention collective des employés d’Abipa prendra fin le 31 décembre prochain. Les négociations sont déjà débutées et M. Blondin souligne que les relations avec le syndicat ont toujours été excellentes.

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5 avis sur “Abipa et l’industrie 4.0

  • novembre 6, 2021 à 6:54 pm
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    Belle article, ca décrit de facon tres juste ce qui ameliore la productivité dans une usine, tant sur le plan technologique qu’humain.
    Mais peux tu satisfaire ma curiosité et nous dire ce que fait abipa? Dans quels aeronefs on retrouve leurs produits?

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    • novembre 6, 2021 à 9:50 pm
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      Bon le prochain article le ferra, mais puisque qu’Abipa est très compétitive sur les pièces en titane et en inconel, elle fabrique des pièces de structure et pour la partie chaude des moteurs. Elle est sur les programmes A220 et Global 7500 et Pratt & Whitney est un gros client

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    • novembre 7, 2021 à 7:58 am
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      ABIPA fabrique de petites pièces et fait souvent affaires avec les sous-traitants plus important (tier 1) des fabricants.

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  • novembre 7, 2021 à 7:22 am
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    C’est bien beau industrie 4.0 mais il ne faut oublier que ce sera possible, si et seulement si les employés veulent bien. Il y a un autre corp de métier qui est, selon moi, oublié. La maintenance des équipements. Vous aurez beau avoir la meilleur cellule robotisée que vous voulez, sans une maintenance prédictive efficace, un jour ou l autre, ça sera votre cauchemar.
    Comme disait Rock et belles oreilles : pensez-y……

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    • novembre 7, 2021 à 8:03 am
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      La maintenance prédictive fait partie du 4.0 et est essentielle afin de réduire les temps d’arrêt. C’est entre autres un aspect réussi di virage 4.0 d’Abipa. C’est vrai que je ne ne l’ai pas mentionné clairement dans le texte et c’est ma faute.

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