Bombardier : l’offre qui met le feu aux poudres 

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La section locale 712 de l’AIMTA représente environ 1 800 employés de Bombardier. Ceux-ci s’occupent de l’assemblage des Challenger 3500 et 650 ainsi que de la fabrication de composantes d’aérostructure dans la vieille usine de Canadair. Près de 1 300 d’entre eux se sont déplacés hier afin de voter sur l’offre patronale. C’est un taux de participation de plus de 70 %, ce qui est très élevé : l’offre de Bombardier avait été dévoilée une semaine avant la tenue du vote. Le climat général était nettement au rejet de celle-ci, il aurait donc été facile pour un syndiqué de se dire : « pas besoin d’aller voter, car l’offre sera rejetée. » Malgré ce contexte, ils se sont déplacés en très grand nombre. 

C’est dans une proportion de 99,6 % que les syndiqués présents ont dit non à leur employeur. Obtenir une combinaison d’un taux de participation élevé et d’un résultat aussi unanime est rare dans le monde syndical. Les augmentations de 7 % sur trois ans ont été perçues comme une insulte. J’étais à l’extérieure du pays la semaine dernière, mais je voyais défiler les messages sur les réseaux sociaux. Il était facile de prévoir le sort qui serait réservé à la proposition. Mais elle était tellement basse que les syndiqués sont maintenant en colère et ils ne veulent plus rien entendre. 

La suite

Les deux parties doivent maintenant retourner à la table de négociation. Pendant ce temps, l’assemblée annuelle des actionnaires de Bombardier votera en faveur des bonis substantiels pour ses hauts dirigeants. Ce n’est certainement pas cela qui va amadouer les représentants syndicaux. Puisque ces derniers ont un mandat clair, ils vont exiger que l’offre patronale permette de contrer l’inflation. 

Voici un exemple d’offre qui pourrait être une offre acceptable : hier, les 5 000 syndiqués AIMTA de Lockheed-Martin à Dallas ont accepté l’offre patronale. Celle-ci comportait des augmentations salariales de base de 16 % sur quatre ans. De plus, il y a une clause d’ajustement à l’augmentation du coût de la vie. Enfin, les syndiqués recevront un boni de signature de 4 000 $. 

Il est évident qu’avec le taux d’inflation actuel, une offre d’augmentation fixe aussi basse que 2,5 % est inacceptable. Il faut au minimum une clause d’indexation afin d’éviter des reculs. 

Une mauvaise stratégie

La direction de Bombardier a décidé de redresser l’image de l’entreprise au Québec. Depuis quelques mois, les progrès étaient perceptibles même s’il restait encore beaucoup de chemin à faire. Sa stratégie de négociation est mal perçu et risque et la ramenée à la case départ. Il lui faudra maintenant mettre des bouchées doubles afin de se rattraper.  Abonnez vous gratuitement à notre chaîne YouTube en cliquant-ici

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12 avis sur “Bombardier : l’offre qui met le feu aux poudres 

  • avril 25, 2022 à 10:00 am
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    Et quand est-il de l’indexation des fonds de pension??? Si je me fis à l’article de LaPresse dans lequel M. Rancourt affirme que le côté normatif de la proposition est adéquat en ce qui attrait au fond de pension…ce que je comprend c’est qu’il n’y aura pas de négociations par rapport au retour de l’indexation des fonds de pension??? Nous(employés) n’avons aucun détails sur ce qui ce négocie entre le syndicat et la compagnie. Pour les salaires, je suis d’accord que l’offre de l’employeur (2.5%, 2%, 2%) est complètement inacceptable…enfaite, ça ne couvre même pas les dépenses de la hausse du prix de l’essence pour me rendre au travail!! Alors oui, je suis d’accord pour une augmentation salariale qui ce comparerait à celle offerte aux employés de Lockheed-Martin mais je crois aussi que l’indexation des fonds de pension est tout aussi important!!!

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    • avril 25, 2022 à 10:08 am
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      Ma compréhension est que le syndicat veut en discuter mais que l’employeur refuse. Mais il se peut que je soit dans l’erreur.

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  • avril 25, 2022 à 10:21 am
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    Comment se passe les négociations à Stelia Québec ?

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    • avril 25, 2022 à 7:03 pm
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      Les deux parties sont à la table de négociation et discutent toujours. Mais impossible de savoir si les choses se passent bien.

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  • avril 25, 2022 à 3:51 pm
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    Je crois que l’indexation au coup de la vie pour les retraités (pension) est plus importante que les augmentation de salaire pour chaque années. Mais on a besoin au moins la moitié du taux d’inflation 6.7% =3.50 pour cette année et il est supposé monté encore . Une augmentation de 3.25% pour les deux autres années serrais très raisonnable. Qui donne un montant de 10% pour le contrat de 3 ans avec l’indexation au coup de la vie pour les pensionnés.

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  • avril 27, 2022 à 11:25 am
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    Bizarrement tout le monde parle du cout de la vie de 2022 , il était a combien en 2009 ?? Et a combien en 2020 ??
    Secondo , l’indexation de la rente des retraités , la gronde semble être sur l’augmentation salariale des employés actifs … Je ne suis pas certain que les employés sont prêt a aller en grève pour les retraités … Deja qu’un mandat de grève conditionel a un autre vote de grève, démontre la peur des employés de se retrouver comme en 2001 dehors pour des peanuts …
    Demandez au gens de Rolls Royces après 6 semaines comment va la solidarité …

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    • avril 27, 2022 à 12:47 pm
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      Lors des dernières mise à pied, des gens comptant 22 ans de service se sont retrouvés sur le chômage. La majorité des syndiqués AIMTA de Bombardier on maintenant plus de 25 ans d’ancienneté. Alors oui, la question de l’indexation des pensions est un sujet important.

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      • avril 28, 2022 à 11:08 am
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        Assez important pour sortir en grève ?? Combien d’emploie offre un fond de pension d’environ 45 000 $ par année a part Bombardier ??? J’aimerais avoir une idée du coût d’une indexation du fond de pension …

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    • avril 28, 2022 à 11:22 am
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      Lors de la convention précédente les employés ont perdu l’indexation potentielle de la rente, quand je dit potentielle c’est qu’elle était à négocier à chaque convention, donc pas un automatisme, ils ont par contre reçu une contre-parti, Bombardier doit vendre des blocs de retraité a une compagnie de gestion, ce qui les placeraient à l’abri dans le cas ou Bombardier planterait, mais voila la compagnie qui achèterait ne voulait pas de hausses de coûts, ainsi l’indexation fut sacrifié par le syndicat, mais beaucoup de membres n’ont guère apprécié ce recul malgré qu’ils ont entériné l’entente.

      Il faut savoir qu’au Québec, les fonds de pension n’ont pas vraiment de protections, on a malheureusement déjà vu des employés retraités être amputé d’une partie de leur pension à cause de la faillite ou de difficultés financières de l’employeur, un cas lointain fut celui de la Singer, plus proche ceux de Sears.

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