L’aviation générale reçoit un coup de massue

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ADM est l’organisme en charge de la gestion des aéroports de Montréal-Trudeau et Mirabel. La semaine dernière, elle a publié un avis d’augmentation de ses frais aéronautiques pour le premier avril 2021. L’aviation générale sera durement frappée par ces augmentations

Les augmentations de tarifs

Selon cette nouvelle grille, la redevance d’atterrissage minimum sera de 216 $ peu importe le type d’avion. Ainsi, un pilote de Cessna 150 qui atterrit à Montréal-Trudeau devra débourser 216 $. À Mirabel, le tarif minimum demeure à 40 $ mais ADM élimine t l’abonnement annuel aux deux aéroports pour les petits avions. De plus, des frais d’améliorations aéroportuaires de 10 $ par siège seront facturés pour tous les vols passagers n’utilisant pas l’aérogare à Montréal-Trudeau. La redevance d’atterrissage pour les avions cargo passe maintenant à $12,40 du 1 000 kg de masse maximale au décollage. 

Les effets cette augmentation à Montréal-Trudeau

Le secteur de l’aviation générale comprend les compagnies de nolisement, de taxi aérien, de l’aviation d’affaires ainsi que les écoles de pilotage. Les hausses de tarifs décrétées par ADM auront un impact énorme pour les entreprises de ce secteur. À lui seul, le coût de nolisement d’un King Air 100 à Montréal-Trudeau augmentera de 306 $. Pour les compagnies qui ne sont pas basées à cet aéroport, c’est une augmentation double : un vol de positionnement à vide plus le vol de retour et un nouveau vol de positionnement. Cet augmentation s’ajoute au coût élevé d’utilisation des installations privée à Montréal. Ainsi, pour un King Air 100, un allé-retour au départ de Montréal-Trudeau en coutera environ 900 $ par nolisement pour une compagnie qui n’y ait pas basée.

Les compagnies de taxi aérien qui ne sont pas basées à Montréal-Trudeau ne seront donc plus compétitives. Voilà qui risque d’avoir un effet dévastateur alors que ces compagnies sont parvenues à survivre tant bien que mal à la pandémie. 

Pour sa part, l’école de pilotage Dorval Aviation estime que ses frais annuels d’atterrissage passeront de 4125 $ à près de 350 000 $. Il va de soi que l’école de pilotage ne sera pas en mesure d’assumer une telle hausse. 

À très court terme, ces augmentations permettront à ADM d’augmenter ses revenus. Mais l’aviation générale ne sera jamais en mesure de compenser complètement les pertes d’ADM. À moyen et long terme, plusieurs entreprises devront sortir de Montréal-Trudeau afin de survivre. C’est sans doute une bonne nouvelle pour l’aéroport de Saint-Hubert, mais une perte de revenus pour ADM. Mais il y n’y a pas assez de place à Saint-Hubert pour accueillir tout le secteur d’aviation générale de Montréal-Trudeau. Des entreprises ne seront pas en mesure de se relocaliser économiquement et devront fermer. 

Les effets à Mirabel 

Depuis quelques années, deux écoles de pilotage se sont installées à Mirabel. L’endroit est idéal car il y a peu d’habitations à proximité et l’aéroport n’est pas trop achalandé. C’est la présence de ces écoles de pilotage qui a mené à la réouverture de la tour de contrôle. 

Plus d’une vingtaine de petits avions servant à la formation de pilotes y sont maintenant basés. Pour les écoles de pilotage, la hausse des redevances d’atterrissage fera passer la facture annuelle à environ 40 000 $ par appareil. Là encore il sera impossible de payer et il faudra tenter de relocaliser, mais où? Le départ des écoles de pilotage signifie que Nav Canada devra entamer la procédure de fermeture de la tour. Pourtant, ce n’est que depuis le 30 janvier 2020 que cette tour est ré-ouverte. 

Des intervenants en furie

Il ne faut donc pas se surprendre que les intervenants de l’aviation générale visés pas les augmentations soient en colère. Depuis près d’un an maintenant qu’ils voient leurs revenus diminuer et leur frais augmenter. Tout comme l’a fait Nav Canada en augmentant ses tarifs de 40 % l’été dernier, ADM refile la facture aux opérateurs. 

Je les comprends et moi aussi j’ai eu la tentation de tomber à bras raccourci sur la direction d’ADM. Mais il faut se rappeler que le manque à gagner de cet organisme s’élève à près de 400 M $. Les aéroports de Montréal et Mirabel sont la propriété de Transports Canada. ADM n’est que le fiduciaire et c’est bel et bien Transports Canada qui dicte les obligations d’ADM. Bien que l’établissement des tarifs relève d’ADM, le ministre des transports a le devoir de soutenir ses fiduciaires lorsqu’ils sont en dificulté. Or depuis le début de la pandémie, personne à Ottawa n’a jugé bon de revoir le mandat d’ADM afin de l’ajuster à la situation. 

Pour ma part je me demande si c’est l’inertie du gouvernement qui le rend inapte à gérer le dossier ou si c’est son inaptitude qui le rend inerte. De toute manière le résultat est le même : une catastrophe pour l’industrie du transport aérien. Trudeau père a foutu le bordel dans l’industrie du transport aérien au Québec et le fils est bien parti pour l’éliminer. Amenez-nous des élections et ça presse!

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9 avis sur “L’aviation générale reçoit un coup de massue

  • février 4, 2021 à 1:15 pm
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    Liberez nous des liberaux….definitivement…

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  • février 4, 2021 à 4:56 pm
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    D’un autre côté pensons aux réductions de gas à effet de serre dont Justin Le Vert pourra se vanter. On sent déjà le climat rafraîchir.

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  • février 5, 2021 à 9:42 am
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    Avec la rareté de place pour l’aviation privée, disont que plusieurs vont s’ennuyer encore plus de l’aéroport de Mascouche… Quel gâchis.

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    • février 5, 2021 à 5:34 pm
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      La chanson est de circonstance, plus que jamais 🙈

      La collaboration Justin Trudeau – Marc Garneau aura fait un véritable carnage à l’aviation Canadienne!

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  • février 8, 2021 à 3:08 pm
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    Ce n’est pas seulement la présence des écoles de pilotage qui a mené à la réouverture de la tour de contrôle de YMX. C’est la combinaison des vols cargo, militaire (F18, Hawker Hunter), A220, en plus des écoles de pilotage, qui a fait en sorte que la complexité a augmenté depuis de nombreuses années maintenant. Je doute fortement que la tour de contrôle referme simplement parce qu’un certain nombre de vols club école reviendront plus.

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    • février 8, 2021 à 5:13 pm
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      Ce n’est pas le type d’aéronef ni la taille qui décide de la présence de contrôleurs ou nom, mais bien le nombre de mouvements durant l’année. je vous suggère de lire la section 3.1 page 8 du document sur les niveaux de service de Nav Canada. À aucun endroit il est question de la complexité des différents types d’avions. Mais il est clairement indiqué qu’à partir de 60 000 mouvements par années il doit y avoir un tour de contrôle. Avec les 20 avions écoles et les autres appareils, il y a environ 21 000 mouvements par année juste juste pour Mirajet. Cela fait une énorme différence.
      https://www.navcanada.ca/FR/about-us/Corporate%20Policies/Level-of-Service-Policy-FR.pdf

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      • février 9, 2021 à 12:31 am
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        Figure 2. Page 13. Note: De même, un autre aéroport
        enregistrant un nombre inférieur de mouvements d’aéronefs au nombre annuel
        requis peut avoir droit à ce service.

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    • février 9, 2021 à 7:09 am
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      Les nombre de mouvements du mois de janvier 2020 est à zéro puisque la tour était encore fermé à ce moment là et il manque encore le chiffre du mois de décembre qui est à venir. Le total des 10 mois est de 49 094. Juste en prenant la moyenne des dix mois pour la répartir sur 12, on arrive à 59 911 mouvements. Cependant, vous remarquerez qu’en avril et mai il y a eu un chute importante des mouvements locaux (posé-décollé). Cette chute des mouvements correspond à la période du premier confinement et il est tout à faut plausible que l’aéroport aurait dépassé les 60K sans la pandémie.

      De plus j’étais sur le CA de l’APBQ à l’époque de la fermeture de l’aéroport de Mascouche. Les gens de NAV Canada à l’époque nous avait clairement indiqué que si un nombre suffisant de mouvements étaient transféré à Mirabel pour atteindre 60 000 par année, cela déclencherait automatiquement l’étude sur le niveau de service à Mirabel.

      Pour que la tour de contrôle rouvre à Mirabel en 2020, il a fallu que l’étude sur les niveaux de service se fasse en 2018 donc en se basant sur les données de 2017. Or, à cette époque les mouvements de Cargo, Militaires et d’Airbus Bombardier n’avaient pas connus de hausse significatives.

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