ADM : Ottawa doit assumer ses responsabilités

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La Presse rapporte que le gouvernement du Québec s’est retiré des négociations pour le financement de la station du REM à Montréal-Trudeau. Le ministre des transports à Ottawa, M. Marc Garneau, serait stupéfait de cette décision. Personnellement, je considère que c’est à Ottawa d’assumer 100 % de la facture et voici pourquoi.

Un locataire payant

C’est en 1992 que l’organisme à but non lucratif Aéroports de Montréal (ADM) a été fondé. Son mandat est de gérer les aéroports de Montréal-Trudeau et Mirabel. Depuis qu’ADM a pris le contrôle des deux aéroports, elle assume seule tous les frais d’exploitation. Au cours des 28 dernières années, ADM a financé tous ses projets d’infrastructures et d’amélioration. Ottawa n’a versé aucun sou, le gouvernement s’est contenté de collecter son loyer annuel.

D’ailleurs, le montant du loyer annuel que verse ADM est en fonction de ses revenus annuels. À chaque fois qu’ADM investit et améliore ses revenus, Ottawa empoche des revenus supplémentaires. Durant la période allant de 2009 à 2019, ADM a connu une forte croissance. Elle a accueilli plus de vols et donc plus de passagers. Afin de faire face à l’augmentation de la demande, elle a dû faire plusieurs investissements. En 2009 ADM avait versé un loyer de 21,6 M $ à Ottawa. En 2019, c’est 76,6 M $ que le gouvernement canadien a reçu d’ADM. De 2009 à 2019 inclusivement, Ottawa a reçu près de 552 M $ en loyer de la part d’ADM. 

Depuis 1992, le gouvernement canadien considère les grands aéroports comme des investissements qui doivent rapporter. Au fil du temps, l’aéroport de Montréal-Trudeau est devenu une vache à lait. 

L’inaction

Le transport aérien est le secteur de l’économie canadienne le plus durement touché par la pandémie. Pourtant, Marc Garneau est rarement intervenu sur la place publique afin de soutenir cette industrie. Lorsque Nav Canada a décrété une augmentation de ses tarifs de 30 %, il n’a rien fait. Lorsqu’Air Canada a annoncé d’importantes coupures dans le transport régional, il n’a rien fait. À chaque fois qu’un aéroport a augmenté ses frais aéroportuaires, il n’a rien fait. 

En n’agissant pas, le ministre des transports a transféré le problème aux compagnies aériennes et aux gouvernements provinciaux et municipaux. Jusqu’à maintenant, Transports Canada n’a assumé qu’une petite partie de la facture liée à la COVID-19. La seule aide consentie aux grands aéroports canadiens a été de suspendre les loyers annuels. Mais rien n’a été fait pour les aéroports régionaux qui sont souvent la propriété des municipalités. 

L’arrogance

Le 26 octobre dernier, Marc Garneau a joué les grands seigneurs en annonçant une aide de 50 M$ pour l’aéroport de Mirabel. Mais cette annonce avait déjà été faite en septembre 2019. La seule chose qui a changé, c’est qu’Ottawa a devancé le versement de sa part car ADM n’a plus de liquidités. 

C’est au mois de juin dernier que le directeur général d’ADM, M. Philippe Rainville, a lancé un SOS pour le financement de la station du REM. Sans cet appel au secours, Marc Garneau ne serait pas intervenu. La station du REM à Montréal-Trudeau est un outil essentiel pour son développement futur. Marc Garneau semble pourtant trouver tout naturel que Québec finance un investissement qui va rapporter à Ottawa: imaginez un propriétaire de triplex qui demanderait à un voisin de payer une partie de ses rénovations. N’oublions pas que toutes les décisions prises par le gouvernement fédéral, et qui ont mené au fiasco actuel, ont été prises par des gouvernements libéraux. Laisser sous-entendre que le sort de la station du REM à Montréal-Trudeau dépend de Québec est d’une telle arrogance. 

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4 avis sur “ADM : Ottawa doit assumer ses responsabilités

  • novembre 19, 2020 à 3:51 pm
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    M. Allard, vous ne feriez pas un bon politicien, car vous dites trop franchement les choses… Excellent commentaire!

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  • novembre 19, 2020 à 10:09 pm
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    Les gouvernement fédéral par son incompétence est en train de déstructurer toute l’aviation au Canada et met en péril un paquet de PME et de grandes compagnies aériennes. Malheureusement, rien ne sera fait par ce dernier.

    Le gouvernement du Québec fait bien de se dissocier, le gouvernement fédéral n’aura pas le choix d’investir dans le REM. Le Québec ferait mieux de garder ses sous pour investir comme l’Alberta dans un programme de tests aux aéroports pour réduire la quarantaine. Ça serait le meilleur cadeau de noël que l’aéronautique peut avoir.

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  • novembre 22, 2020 à 10:59 am
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    Je ne comprend pas pourquoi c’est le locataire qui doit investir pour ensuite donner plus au propriétaire.

    Peut-être que la nationalisation de cet aéroport serait une meilleure chose, car c’est un outils économique important, le laisser entre les main d’un incapable sans vision c’est joueur avec le feu.

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