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Le futur de Transat A.T. passe par les alliances

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Après l’assemblée générale annuelle des actionnaires, le président de Transat A.T., M. Jean-Marc Eustache, a répondu aux questions des journalistes. Lors de la conférence téléphonique, M. Eustache était visiblement de bonne humeur et ses réponses étaient souvent étoffées. C’est certainement la conclusion de l’entente de financement avec Ottawa qui l’a rendu d’aussi bonne humeur. Vous pouvez lire les termes de cette entente en cliquant ici

Le remboursement des clients

Avant l’annonce du remboursement, le voyagiste comptait 550 000 clients qui étaient éligibles à une réclamation. C’est ce matin que Transat A.T. a entamé le long processus de remboursement de tous ses clients. La compagnie avait ajouté 60 personnes à son centre d’appel ; elle a reçu 10 000 demandes de remboursement dans la première heure. Trente minutes plus tard, le total avait grimpé à 30 000.

Pour chaque demande de remboursement, la compagnie doit commencer par vérifier la méthode de paiement. Si le client a payé par carte de crédit, il faut vérifier si l’émetteur de la carte n’a pas déjà effectué le remboursement. Le client peut avoir donné ou transféré à une tierce personne le coupon de remboursement. À moins d’avis contraire, c’est l’acheteur original qui sera remboursé. Le remboursement est donc un processus complexe qui demandera du temps.

Les priorités

Questionné sur les priorités des gestionnaires, M. Eustache a mentionné que la survie de l’entreprise était encore au haut de la liste. Après l’entente avec le fédéral, Transat A.T. va se tourner vers Québec afin de bonifier le soutien qu’elle reçoit. Le taux d’intérêt du prêt de 312 M$ accordé par Ottawa est particulièrement élevé ; il est de 5 % la première année, puis il passe à 8 % la deuxième année et augmente de 2 % les années suivantes. Emprunter à long terme avec de tels taux n’est vraiment pas l’idéal. L’entreprise voudra sans doute essayer de négocier un meilleur taux avec Québec. 

Les négociations avec Pierre Karl Péladeau se déroulent bien, mais elles passent après celles avec Québec. Pour le moment, il n’y a toujours pas d’entente entre les deux parties. Le moment venu, l’offre sera examinée par les membres du conseil d’administration. Pour le moment, il n’y a pas moyen de savoir si Transat A.T. a reçu d’autres offres. M. Eustache explique que s’il y en a, elles sont confidentielles ; c’est parce que M. Péladeau a rendu son offre publique qu’il peut en parler. 

Les alliances

M. Eustache a expliqué qu’il avait commencé à explorer le potentiel des alliances avant le début de la pandémie. Évidemment, l’entente avec Air Canada avait relégué cette idée au second rang. L’échec de cette entente replace donc la possibilité d’une alliance à l’avant-scène. Le voyagiste est ouvert à toutes les formes d’alliance : prise de participation au capital ou entente commerciale. Je lui ai demandé s’il favorisait une entente avec une compagnie américaine ou européenne. Sa réponse a été la suivante : « Nous avons besoin d’une entente américaine, canadienne et européenne ».

Cette réponse est très intéressante et elle me donne l’indication suivante : l’offre d’acquisition de M. Péladeau devra inclure un partenariat pour qu’elle soit acceptée. La déclaration de M. Eustache ouvre également la porte à une prise de participation minoritaire par une compagnie aérienne membre de l’une des trois grandes alliances aériennes. Disons que les propos du PDG sont donc sans équivoque: il est à la recherche d’une alliance.

La stratégie hôtelière

Avant la signature de l’entente avec Air Canada, Transat voulait développer son réseau d’hôtels. Sa stratégie n’est pas complètement morte malgré la pandémie et elle est actuellement évaluée par le conseil d’administration. Il est fort possible que le CA attende de voir le résultat des négociations avec Québec avant de se décider. 

Pour ma part, je crois que le développement d’un réseau hôtelier est un plan encore plus pertinent maintenant : au cours des prochaines années, la marge bénéficiaire des compagnies aériennes sera très mince, voire inexistante ; dans ce contexte, il sera très difficile de faire du profit sur les forfaits dans le Sud. L’intégration de la portion hôtelière des forfaits permettrait de mieux contrôler les coûts. De plus, c’est le bon moment pour acheter un réseau d’hôtels existants à prix réduit. 

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6 avis sur “Le futur de Transat A.T. passe par les alliances

    • André Allard

      Moi si j’étais Air Canada, je m’assurerais qu’Air transat devienne membre de Star Alliance histoire de m’assurer qu’elle ne tombe pas dans une alliance avec Westjet. 😉

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    • André Allard

      C’est pas Oneword le problème c’est Skyteam et Westjet. SI AC ne fait pas entrer AT dans Star Alliance, AT pourrait se retrouver dans Skyteam. Alors le meilleures méthode pour éviter cela c’est de faire entrer AT dans Star Alliance.

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    • André Allard

      Air Canada a laissé tomber parce que la commission européenne avait l’intention de refuser la transaction à moins qu’AC ne fasse des concessions importantes.

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