Réflexion de l’AIMTA sur l’industrie aérospatiale

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Suite à la prise de contrôle du C Séries par Airbus, la section locale 712 de l’AIMTA qui représente la vaste majorité des employés syndiqués de Bombardier et d’Airbus dans la région de Montréal, a lancé une vaste réflexion sur l’avenir de cette industrie. L’AIMTA était désireuse de comprendre les impacts sur ses membres des transformations en cours dans cette industrie et les effets à long terme de l’arrivée d’Airbus au Canada. Du 10 au 13 avril dernier, une délégation de l’AIMTA s’est rendue à Paris afin d’échanger avec leurs homologues français sur les enjeux de l’industrie aérospatiale. Nous avons obtenu une copie du document distribué aux membres de la section locale 712 et nous vous en présentons un résumé.

 

Il est ressorti de la visite en France que l’implantation de noyaux d’entreprises en aérospatiale dans une nouvelle région suit toujours la même dynamique : lorsqu’un donneur d’ordre s’installe dans une région, l’ensemble ou une partie de sa chaîne d’approvisionnement et de son réseau de soutien technique en font de même; il peut s’agir de filiales ou de sous-traitants.

 

L’arrivée d’Airbus au Canada implique donc qu’une partie de sa chaîne d’approvisionnement devrait suivre dans les années à venir et l’AIMTA a identifié Stelia, qui est une filiale d’Airbus, comme l’une des entreprises déjà présente à Montréal, la plus susceptible de connaître une forte croissance suite à la prise de contrôle du C Series. L’AIMTA constate qu’Airbus a des visées militaires au Canada et que son implantation à Mirabel lui permet de viser le long terme afin d’obtenir son lot de contrats du gouvernement canadien.

 

Les discussions qu’a eues L’AIMTA avec les syndicats français l’ont rassuré sur le genre d’employeur qu’est Airbus, car c’est une entreprise qui entretient de bonnes relations de travail avec ses employés et elle sait reconnaître leur contribution. Les dirigeants de l’AIMTA entendent cependant demeurer vigilants lors des négociations de la première convention collective avec le géant européen.

 

L’AIMTA constate que la fragmentation des opérations est une tendance forte alors que les donneurs d’ordre Airbus, Bombardier, Embraer et Boeing concèdent une partie de leur production à des tierces parties afin de diminuer les coûts et répartir les risques financiers. Une autre raison pour justifier la fragmentation des opérations est qu’il est plus facile pour les gouvernements de justifier une subvention de quelques millions à une PME plutôt que de subventionner les donneurs d’ordre à coup de milliards.

 

L’autre grande tendance est la multiplication des sites de production dans des pays « low-cost » alors que les gouvernements de ces pays attirent les entreprises avec de généreux incitatifs fiscaux. Puisque nous sommes dans une période de forte demande en aérospatiale, les enjeux sont à peine perceptibles en ce moment, mais dans une dizaine d’années quand la production diminuera, les entreprises voudront supprimer les emplois bien rémunérés d’ici avant ceux des pays à faible coût. L’AIMTA est donc à la recherche de solutions afin d’éviter de se retrouver devant une situation intenable dans dix ans; par contre elle constate que de s’attaquer à la multiplication des grappes aérospatiales dans les pays « low-cost » et d’y consacrer d’importantes ressources pour les combattre n’est pas la bonne stratégie. Pour mieux voir venir les coups, L’AIMTA entend plutôt développer des partenariats stratégiques avec les syndicats européens.

 

L’objectif de l’AIMTA est d’augmenter son rapport de force par les alliances et de développer une stratégie d’influence des élus et des décideurs en entreprise afin de trouver des solutions et surtout de réduire au maximum les impacts négatifs du prochain ralentissement à venir.

 

La démarche de l’AIMTA est structurée et son analyse de la situation est faite de façon pragmatique plutôt qu’idéologique et cela lui permet de tirer les bons constats. Elle s’est donné un outil de réflexion afin de voir venir les problèmes et de leur trouver une solution plutôt que d’attendre d’être mis devant un fait accompli. Au lieu de se contenter de revendiquer, l’AIMTA peut désormais se mettre à la recherche de moyens d’action et de solutions concrètes avant que les problèmes ne surviennent.

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2 avis sur “Réflexion de l’AIMTA sur l’industrie aérospatiale

  • août 5, 2018 à 10:46 pm
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    J’aime bien l’affirmation ou il est dit….*et son analyse de la situation est faite de façon pragmatique*…..c’est surement à partir cette perspective de vue qu’a été négocier l’entente de réciprocité pour le transfert des employé-es affectés a la c serie vers Airbus Mirabel. Maintenant qu’Airbus est solidement installer au Québec je crois bien que le visage de l’aéronautique/aérospatiale va changer radicalement chez-nous et par le fait même au Canada dans les années a venir. Je pense bien que beaucoup de pragmatisme de touts les intervenants dans se secteur devra être mis de l’avant pour que Québec est sa juste part des retombés a venir. L’aéronautique/aérospatiale est tellement mondialisé qu’une approche uniquement idéologique de touts les intervenants québécois risque plutôt de favoriser les autres provinces canadienne. À chaque provinces de négocier sa part que la meilleur gagne. Pragmatique et pragmatisme je crois que c’est la clé pour gagner la plus grosse part pour le Québec.

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  • août 6, 2018 à 9:33 pm
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    La mobilité de la main d’œuvre d’un site à l’autre était une des forces de Bombardier, si un programme n’allait pas bien et réduisait les cadences les employés pouvaient être bougé vers un autres site, cette mobilité permettait entre autre de protéger l’expertise acquise et l’expérience.

    Bombardier à vendu aussi cette idée à Airbus, si les besoins sont pressant, Bombardier peut transférer grâce a cette entente des employés volontaire, et vice versa, dans une période ou les employés sont dur a remplacer et les départs à la retraite plus fréquents cette entente est une sorte de sécurité pour les deux entités, plutôt que de perdre bêtement de l’expertise en cas de mise à pieds.

    Les employés ont surtout vu la possibilité de continuer une façons de faire qui leurs apportait un peu plus de sécurité.

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