Aérospatiale, la deuxième vague de mise à pied débute

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L’industrie aérospatiale continue d’être durement touchée par la crise de la COVID-19. Le transport aérien peine à revenir à 40 % de son chiffre d’affaires d’avant la pandémie. Sauf pour la Chine qui est à + de 80 %, mais pour l’instant c’est une exception. 

Le Canada et le Québec

Le Canada est l’un des pays qui a les restrictions de voyages les plus sévères. Le résultat est que toute l’industrie canadienne du transport aérien souffre terriblement de la situation. De leur côté, les entreprises en aérospatiale tournent au ralenti elles aussi. La Subvention salariale d’urgence du Canada (SSUC) a permis de réduire considérablement les licenciements, mais ce programme d’aide se termine en septembre alors que la reprise n’est toujours pas au rendez-vous. 

La semaine dernière, Aéroports de Montréal a annoncé la mise à pied de 30 % de son personnel. C’est environ 180 personnes qui ont perdu leur emploi. Pratt & Whitney Canada a avisé le syndicat qu’elle procèdera à de nouvelles mises à pied permanentes. Il s’agit entre autres de travailleurs recevant la SSUC mais n’ayant pas réintégré leur emploi. Pour l’instant il est impossible de savoir combien de personnes se retrouveront au chômage. Enfin, l’usine de GE à Bromont devrait procéder elle aussi à des mises à pied en septembre. Il s’agirait surtout d’emplois de production, mais je n’ai pas reçu de confirmation à ce sujet. 

Les programmes d’aide tirent à leur fin alors que la crise s’annonce longue et pénible pour l’industrie Aérospatiale. Il faut donc s’attendre à d’autres annonces de mises à pied importantes en aérospatiale. Toutefois, les entreprises qui ont une forte proportion de contrats militaires seront beaucoup moins affectées. Les entreprises qui ouvrent dans l’aviation d’affaires s’en sortiront également mieux. Les six prochains mois seront sans doute les plus douloureux en terme de perte d’emplois. 

Octobre noir

En ce moment, les compagnies aériennes américaines sont à peine à 30 % du volume de passagers d’avant la COVID-19. Aux États-Unis, c’est en octobre que les programmes d’aide au transport aérien prennent fin. Pour avoir droit à de l’aide gouvernementale, les compagnies aériennes ont été forcées de maintenir un nombre important de vols. Elles ont donc opéré plusieurs vols avec de très fortes pertes. Les transporteurs ont donc continué de gruger rapidement leurs liquidités. 

American, Delta et United devrait procéder à plus de 60 000 mises à pied durant le mois d’octobre. L’approche de l’élection présidentielle pourrait prolonger l’aide de quelques semaines. Mais tôt ou tard il faudra bien que les compagnies ajustent leur main d’œuvre à la nouvelle réalité du marché. 

En Europe, Air France-KLM, Lufthansa et IAG (British Airways) devront elles aussi procéder à d’importantes coupes. À la fin d’octobre, les six compagnies aériennes mentionnées plus haut pourraient avoir mis à pied plus de 100 000 employés. Les sous-traitants et autres entreprises du secteur devront s’ajuster eux aussi. Vous comprenez pourquoi je parle « d’Octobre noir ».

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