La saga canadienne du F-35 6ieme partie

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En 2022, le Canada choisira fort probablement le F-35 pour moderniser sa flotte d’avions de chasse. Cette décision sera alors l’aboutissement d’une démarche qui a débuté en 1997. Dans une série de sept textes, je vous présente un résumé de la saga canadienne du F-35 qui aura duré 25 ans. 

Le retour des libéraux

En juin 2016, Lockheed Martin lance un nouvel avertissement au gouvernement Trudeau s’il décidait d’acheter un autre avion de chasse : les entreprises canadiennes pourraient perdre pour 825 millions de dollars de contrats industriels sur le F-35. Les libéraux tiennent mordicus à un appel d’offres et refusent de céder. 

La gaffe de Boeing

Le retard pris dans le remplacement de la flotte vieillissante des avions de chasse posait un problème. Afin de maintenir ses engagements militaires, le Canada devait acquérir rapidement 18 avions de chasse. La solution la plus simple et la plus efficace était alors d’acheter 18 Super Hornet de Boeing. En effet, cet avion est une évolution des CF-188 et il est donc compatible avec celui-ci. Cela aurait donné un avantage important à Boeing pour le remplacement de toute la flotte. 

Au printemps 2017, c’était pratiquement dans le sac pour Boeing. Mais son président à cette époque, M. Dennis Muilenburg a décidé de déposer une plainte de dumping contre Bombardier et le C Series. Le gouvernement canadien réplique et l’achat des 18 Super Hornet est annulé. Le Canada optera plutôt pour l’achat de F/A-18 usagés appartenant à l’Australie. 

Le lancement de l’appel d’offres

En décembre 2017, le gouvernement libéral lance son concours « Projet de capacité future en matière de chasseurs ». Le but est de remplacer sa flotte de CF-188 Hornet par 88 nouveaux avions de chasse. Le gouvernement indique que la politique canadienne en matière d’avantages industriels et technologiques (RIT) s’appliquerait au projet. Cette politique exige des retombées industrielles et technologiques équivalentes à la valeur du contrat. 

Les fournisseurs potentiels ont jusqu’à l’automne 2019 pour détailler leur offre. Après avoir reçu des commentaires du gouvernement fédéral, ils pourront modifier celle-ci et la soumettre à nouveau au printemps 2020. 

Au départ cinq constructeurs sont dans la course : 

  • Airbus (Typhon) 
  • Boeing (Super Hornet)
  • Dassault (Rafale) 
  • Lockheed Martin (F-35) 
  • Saab (Grippen) 

En réaction au lancement du concours, Lockheed Martin s’est dit préoccupé par la considération des retombés industriels et technologique. 

Les propositions seront évaluées rigoureusement en fonction de : 

  1. La capacité des chasseurs (60 %) 
  2. Les coûts d’achat d’utilisation et d’entretien (20 %) 
  3. Les retombées économiques engendrées par l’attribution du contrat (20 %)

La pression extérieure

Au cours de l’année 2018, le Pentagone va intercéder à deux reprises auprès du gouvernement canadien en faveur du F-35. La sous-secrétaire à la Défense américaine responsable des achats militaires, Ellen Lord et le directeur général du programme JSF, Matt Winter. Les deux envoient une lettre au gouvernement Trudeau, remises respectivement en août et décembre. Ils mettent en garde le gouvernement canadien concernant l’acquisition d’un nouvel avion de chasse. Ils ont tous deux rappelé au gouvernement Trudeau le protocole du JSF : en tant que signataire, le Canada avait convenu de ne pas imposer un partage du travail ou toute autre forme de compensation industrielle ou commerciale. Abonnez-vous gratuitement à notre chaîne YouTube en cliquant ici

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